Chroniques Diverses

Novembre 2006 - Qu’elle était belle …

Pour l’instant, cette année fut la plus belle et complète de ma carrière sportive.
En début d’année, je m’étais fixé trois objectifs majeurs : Championnat de France, Championnat d’Europe, et Championnat du Monde. L’investissement de cet hiver à l’entraînement fut aussi intense que régulier et minutieux. Je ressorts comblé des résultats obtenu après ces efforts. De plus, la victoire à la coupe du monde de Pékin est une cerise tout a fait opportune et exquise à deux ans des Jeux, sur un gâteau au goût déjà délicieux. Ces quatre performances sont en quelques sorte chacune un « triomphes » sur mes ambitions de janvier 2006. Pour les Championnats d’Europe, beaucoup espéraient une victoire française, alors que la partie était loin d’être gagnée d’avance. J’avais une énorme pression, mais c’est aussi ce qui m’a transcendé. Cela me galvanise de savoir qu’on l’on compte sur moi. L’expérience d’Autun sur la gestion du stress et des média m’a énormément apporté. L’ambiance était fabuleuse là-bas. C’est extraordinaire de remporter un titre chez soi en France. Ce qui était plus fabuleux encore c’est que j’ai pu partager ma joie avec mon pote Cédric une nouvelle fois deuxième. Je suis d’autant plus fier de gagner, « c’est le second qui fait la valeur du premier, tout seul tu n’es rien ». Bref, cette ville me porte décidément chance, à quand les Mondiaux de triathlon Autunois ?! Il y a quelques jours, j’y suis allé pour célébrer un arbre (magnifique poirier à fleur) planté en mon honneur. Je suis vraiment touché par ce geste qui aidera sûrement aussi le triathlon en générale à se développer encore plus.
En Suisse, nous avions aussi beaucoup de supporters tricolores. À certains moments, je me croyais en France. Toutes ces marques de sympathie m’ont bien aidé pour repousser mes limites physiologiques, et oublier ce mal de jambes tellement extrême. Je n’ai aucun regret concernant cette course, le but était le podium. Je pense malgré tout que mon niveau à pied était inferieur ce jour là, à celui de la Coupe du Monde de Pékin. Mais le déroulement de la course a joué en ma faveur, ca aurait peu être pire je pense. Ce jour restera avec bien d’autres souvenirs de victoire, gravé dans ma mémoire. C’était mon premier podium mondial chez les seniors. Tout s’est très bien passé pour moi également sur l’ensemble des Coupe du Monde. Cette année faisait également l’objet d’un test quand à ma capacité à courir plus souvent que les saisons précédentes. Mon circuit s’est constitué de 6 Coupe du Monde (plus les deux championnats internationaux). Pour la première fois, je visais une bonne place au Ranking. D’habitude, je ne participais qu’à peu de course pour favoriser la « perf. d’un jour ». Outre la victoire en Chine, j’ai obtenu une 4e place à Edmonton et une 5e à Madrid. J’en ai tout de même raté trois, mais sans chercher d’excuse, j’estime savoir pourquoi et ne me fait pas de souci. Avec un championnat d’Europe qui n’est pas pris en compte, ainsi qu’un total bas de seulement 7 courses, je suis finalement plus que satisfait de ma 7e place au ranking ITU.
Ma saison n’avait débutée qu’à Madrid (Juin) par souci de régularité d’entraînement. Je termine donc à la 4ème place du ranking Olympique (nécessaire à l’attribution du nombre de dossard Olympique par nation). Egalement de bon augure en vue des J. O., même si Pékin est encore loin. D’ailleurs je tiens à souligner que les qualifications sont loin d’être évidentes, et j’en profite pour tirer mon chapeau aux autres Français qui ont réalisé de splendides résultats internationaux. Pour l’instant, place au repos. En décembre les deux semaines de glisse en montagne vont me faire beaucoup de bien. Notamment lors de la Semaine Olympique (organisé par le CNOSF) ou celle du Trophée des Champions qui réunit quelques-uns des meilleurs sportifs français de diverses disciplines. Ce sera l’occasion pour moi de vanter les mérites de notre discipline. C’est la première fois qu’un triathlète est invité. Le partenariat signé entre la FFTRI et la Lyonnaise des Eaux était déjà révélateur de ce regain d’intérêt pour notre sport.
Une nouvelle ère va s’ouvrir pour moi. J’ai décidé de changer de club. La décision a été dure à prendre. J’ai passé de bons moments à Sartrouville. Je suis content d’avoir terminé en beauté avec le titre de champion de France des clubs. Direction Beauvais maintenant. Là-bas, il y aura plus de staff autour de moi. Le fait de côtoyer des athlètes au profil identique au mien devrait m’être bénéfique également. J’aurai l’occasion de vous en reparler. Pour l’instant, je vous souhaite à toutes et tous de joyeuses fêtes de fin d’année.

 

N° 15 - EDITO Journal haut Niveau FFTri

Bonjour à tous,

Depuis quelques jours, je vois les scolaires de la section triathlon du CREPS de Boulouris prendre leurs marques, et découvrir leurs emplois du temps. Je voulais donc profiter de cette rentrée, pour revenir sur mon parcours, identique pour l’instant à bon nombre d’entre eux. Ancien nageur, j’ai été attiré par le côté « éclectique » qu’apporte l’entraînement du triathlète. Puis l’ambiance très cool et fun, m’a amené à multiplier les quelques séances de vélo et course à pied, que je faisais de temps en temps. Après avoir intégré ce Sport-Etude du Var, j’ai compris que le sport de haut niveau demandait beaucoup de régularité et de sérieux.

Mais à quinze ans il n’est pas facile de quitter le cocon familial. Ce retrouver en internat peut demander beaucoup d’effort de tolérance, et d’organisation. Cette nouvelle expérience m’excitait beaucoup, mais je n’étais pas encore décidé à faire de mes 15 prochaines années un suivi organisé et dirigé vers le sport professionnel. Les choses se sont faites très progressivement avec des moments difficiles, de doute, de réprimande, de remise en question, mais aussi bien-sûr de joie, de fêtes, et de bonheur inoubliable.
En effet, le fait de se retrouver dans les conditions idéales d’entraînement du sud de la France n’a pas tout fait. Je n’avais pas encore forcément d’ambitions internationales, ni olympiques. Ces mots me faisaient rêver et vibrer naturellement, mais ces images me paraissaient toujours très loin, voir inaccessible. Tout en passant mon Bac, puis un BEESAN, j’ai augmenté les charges et intensités d’entraînement sous les regards aguerris de Pierre Houzeaux et Patrick Dréano. Je dois beaucoup à « l’enveloppe » qui m’a aidé et conseillé dans mes hésitations. Je pense à mes parents, mes coachs biensûr, mais aussi à certains athlètes, au staff médicale, à certains maitres d’internats, etc... Ajouté juste un peu de persévérance, d’obstination, l’émulation d’un groupe, et l’envie d’aller toujours plus loin, plus vite, et on se retrouve en compétition pour se qualifier aux Jeux Olympiques.
Mais avant cela il a fallu faire ces fameux choix. J’étais tout de même conscient de l’importance d’avoir un minimum de bagage scolaire avant de mettre les études de côté. Toute décision est toujours difficile à prendre, il faut savoir tenter un minimum de risque tout en assurant au maximum ses arrières. Finalement, entouré des bonnes personnes, j’ai appris petit à petit à me découvrir, et à me contrôler. Je me suis construit un projet, que j’essaye encore aujourd’hui de mener à bien. Je pense qu’avoir un ou plusieurs buts, ainsi qu’une ligne directrice qui les relie est chose indispensable au déroulement de la vie de chacun. J’alimente sans cesse la mienne de nouveaux objectifs. Le choix d’une carrière sportive s’est donc fait presque « tout seul » sans devoir réellement choisir de faire de cette passion un « métier ». Ma vie de sportif s’est finalement construite à ce moment là, c’est un âge, et une période très importante et vraiment difficile à gérer.
Au jour d’aujourd’hui, et j’espère loin d’être en fin de carrière, j’ai l’impression déjà avoir reçu un bel apprentissage de la vie grâce à toutes ces années de CREPS, d’internat, d’entraînement collectif, et de compétition. Ces dernières m’ont permis plus d’une fois de me sortir aussi de problèmes de la vie courante. La recherche de sensation, la gestion du stress, et le dépassement de soi, sont également des points incontournables du sport de haut niveau qui m’ont servi surement plus souvent que la plupart des leçons et cours scolaires. Il me semble que toutes ces cordes qui renforcent l’arc d’un sportif sont des atouts qui manquent hélas cruellement dans l’éducation générale actuelle. Le sport à lui seul ne suffit pas totalement à l’épanouissement d’un être. Mais les notions de respects, de fair play, de gestion de ces émotions, de combativité, de partage, et d’égalité entre les hommes sont des éléments que la pratique sportive en compétition permettrait à tous d’intégrer. En parlant de sport, je concluerai en disant que pour moi le triathlon est plus qu’un sport, c’est une famille, un état d’esprit, une hygiène de vie, et « la plus belle école de la vie »!

Bon courage à tous pour vos prochaines séances, mais aussi vos prochaines révisions !… ;-)
Fredb

 

Octobre 2006 - Nihao Beijing !

À haut niveau, le doute s’installe vite quand cela ne va pas. Ma contre-performance à Hambourg m’a fait réfléchir. Je pense que j’ai manqué de repos, trop d’entraînement après le Mondial. J’ai beaucoup travaillé pour profiter de la forme du moment. Mais au milieu de la semaine qui séparait le Mondial de la Coupe du Monde, j’ai commencé à regretter. J’avais les jambes dures.
Heureusement, le Grand Prix de La Baule (4e) m’a rassuré. Je me suis senti bien en natation et à vélo. Tout semblait en ordre pour la Chine. Le surlendemain, je m’envolais pour Pékin. Arrivée le mardi. J’étais fracassé. Jusqu’à la course, mes sensations étaient très moyennes. Je dormais mal. J’ouvrais l’oeil en pleine nuit et au moment du réveil, j’aurais préféré les fermer… Mon entraînement a été assez léger. Nous étions logés à côté du parcours, dans un immense hôtel de 3000 chambres.

Comme les autres athlètes, en plein décalage horaires, j’essayais de relativiser ces mauvaises sensations. Pas facile ! Bizarrement, dès le départ, je me suis senti très à l’aise. J’étais calme, bien placé. Je faisais la course plutôt que la subir. Je sors de l’eau en 3e position, derrière Andy Potts et Stéphane (Poulat). Il n’y avait aucune cassure mais une immense file indienne.
On a roulé tout de suite. Les plus limite en natation ont morflé dans la première bosse qui arrivait vite. Une montée en escalier d’environ 800 m, avec des passages à 10 %. Un petit groupe s’est formé à l’avant. Il y avait Stéphane et Sylvain (Sudrie). Tous les trois, on a beaucoup bossé. On a même essayé de sortir ensemble. Les autres ont dû accélérer. Notre tentative a empêché au reste du peloton de revenir.
Quand j’ai posé le vélo, j’avais de très bonnes jambes. Évidemment, je suis parti un peu essoufflé, avec quelques points de côté. J’avais beaucoup donné à vélo. Quand Gomez est parti, je me suis dit que la 2ème place était à ma portée. Je me suis accroché, pour éviter le retour des autres. Si je le rejoignais, je m’attendais à ce qu’il reproduise une attaque. Mais au fur à mesure que je m’approchais, je l’entendais souffler fort ! Il commençait payer son départ de Kenyan.
J’ai repris espoir. Je l’ai passé sans couper mon effort. Il restait un peu plus d’un tour. J’ai arrêté de réfléchir. À fond jusqu’à l’arrivée. Le staff tricolore et les autres athlètes français me renseignaient sur l’écart avec Gomez. À 300 m de la ligne, j’ai su que j’allais gagner. Je suis bien sûr très content. Je rentre dans l’histoire comme seul Français à avoir gagné trois Coupes du Monde. Ca fait vraiment bizarre.
Mais je ne tir pas de plan sur la comète en ce qui concerne les jeux olympiques. Ce parcours me convient. Ce que je retiens, c’est que je ne dois rien changer à ma préparation sur le fond. Et ben ! Je vais encore déguster ces deux prochaines années !

 

Septembre 2006 - Un moment tant attendu !!!

Enfin, j’ai obtenu ma première médaille mondiale. Depuis 2005, je courais après, c’est un grand soulagement. J’ai même pensé que j’étais un peu optimiste quand à mon réel niveau. Je suis comblé aujourd’hui, et satisfait de ne pas avoir déçu tous les gens qui m’avaient soutenus avant, et pendant la course. Beaucoup parmi eux me promettaient d’effectuer le déplacement pour m’encourager. A croire qu’il ne resterait plus grand monde en France ce fameux 3 septembre 2006.
Je suis arrivé un peu dans le flou à Lausanne. Je restais sur une contre-performance en Coupe du Monde à Tizjosvaros. En Hongrie, je n’avais pas du tout laissé filer la course. J’avais l’impression de tout donner. Malgré la fatigue du stage en altitude dont je revenais à peine (Font-Romeu), je pensais être un minimum en forme. Finalement je termine très loin de la tête, complètement vidé. Pour me rassurer, je me suis dit que c’est souvent au moment où tu doutes le moins que tu te fais remettre en place… Au moins je n’allais pas arriver à Lausanne avec trop d’assurance ! Mais quoi qu’il en soit, j’ai heureusement toujours mon entourage qui me surveille et qui me recadre quand il le faut. C’est ce dont j’ai eu besoin après. J’avais aussi quelques indices qui me redonnaient confiance lors de certaines séances clé, ainsi que le fait d’avoir gagné le titre européen l’an passé sur les mêmes parcours. J’étais donc plutôt mi-dans le doute, mi-prêt à tout faire péter. Après une petite frayeur à quelques secondes du départ, je sorts très bien de l’eau, et en première position du parc vélo. En faite, j’avais égaré un gel énergétique que je prends régulièrement avant de monter sur le ponton. Je l’ai donc rejoint en retard et n’étais pas là quand on m’a appelé. Du coup, je me suis placé où il y restait de la place sur le ponton de départ. À vélo, je souhaitais qu’une cassure se produise mais je ne voulais pas faire l’effort pour la provoquer. L’attaque de Tony Moulai n’était pas préméditée. Il a eu raison de tenter sa chance. On ne sait jamais le peloton aurait pu l’oublier. Pour ma part j’ai un peu anticipé l’échappée décisive. Je sentais des gars comme Olivier Marceau ou Hamish Carter particulièrement nerveux. Je me préparais donc à bondir. C’est ce que j’ai fait quand ces deux derniers ont giclé, accompagné tout de suite de Steph Poulat. Décidément, on se serait cru aux Jeux d’Athènes : parcours similaires, une échappée déclenchée de façon identique presque au même moment, des adversaires et coéquipiers d’échappée communs, et un public tout autant présent et déchainé. En course à pied, j’ai préféré ne pas suivre Carter et Don. Je savais que j’allais prendre un gros coup de moins bien par la suite. Il est d’ailleurs arrivé malgré tout à partir du 5e km. Je me suis dit « encore un tour à bloc, après tu verras. » Qu’ils furent durs et longs ces derniers km ! Je ne voyais et je n’entendais plus rien. Je ne savais donc rien des écarts. J’avais une réelle impression de lenteur. En les croisant, j’imaginais déjà le retour de mes poursuivants. À 500 m de la ligne, quand je me suis retourné, j’avais finalement une avance confortable. J’ai vu que c’était bon. Elle était vraiment bien venue cette ligne d’arrivée ! Je me suis littéralement effondré après l’avoir franchie. J’ai été touché par les marques de reconnaissance de Don et Carter. Le premier se disait « fier de finir devant le champion Olympique et le double champion d’Europe »… Ca m’a touché également ! Je suis content pour Tim qui n’avait jamais eu de chance lors des grands rendez-vous. L’an passé, il avait effectué quasiment la même course avant de s’effondrer au 4ème km course à pied. En tout cas, c’était fantastique de courir avec un tel public. Je leur dois un grand merci à tous, je n’ai couru que pour eux, et grâce à eux pendant ces derniers 5km. Certains comme les gens d’Autun étaient venus en nombre avec des drapeaux français. J’espère que le bonheur reçu ce jour-là, les fera revenir l’an prochain et même le plus souvent possible... pourquoi pas à Pékin !

 

Aout 2006 - Dupés par les dopers !

Le dopage. Voilà un sujet dont je n’aime pas trop parler en général. Pas parce que je suis mal à l’aise, mais parce que j’ai toujours peur de passer pour un donneur de leçons. Je pense que les discussions à se sujets sont sans fin, et ne font finalement pas avancer les choses. Mais la succession récente de contrôles positifs (Zack, Landis, Gatlin) ainsi que l’affaire Fuentès en Espagne m’a incité à sortir de ma réserve.
Déjà, même si c’est regrettable pour l’image des sports concernés, je trouve que c’est une bonne chose quand des gros poissons sont pris dans les filets. Cela prouve qu’aujourd’hui on ne protège plus les meilleurs. Je suis conscient que ce n’est sans doute pas le cas pour toutes les disciplines. Certains sports grand spectacle comme le football ou le basket NBA ne font pas autant d’effort pour dépister d’éventuels cas de dopage. C’est regrettable, mais c’est comme ça.
Quoi qu’il en soit, ceux qui sont pris la main dans le sac doivent être sévèrement punis. Pour ma part, je trouve que deux ans de suspension, ce n’est pas assez. Je suis pour une suspension à vie. Mais comment punir sérieusement lorsque l’on n’est pas sûr du jugement. Les cas de contrôles positifs débouchent trop souvent sur un vice de forme ou une excuse (ordonnance, et traitement contre blessure ou maladie, etc…) qui sauvent le sportif. On ne sait plus que croire. De plus, Les contrôles sont soit insuffisant en nombre car ils coûtent cher, soit avec un temps de retard sur certains produits encore indétectables.
Depuis l’arrivée des contrôles a posteriori, j’ai l’impression que l’étau se resserre malgré tout autour des tricheurs. Je suis vraiment partisan de cette méthode même si j’ai l’impression que l’athlète est un peu « pris en traître ». Car en fin de compte, ce procédé est sûr et il devient le seul moyen pour la science de se mettre à jour. Finalement qui est le vrai traitre dans l’histoire ?... Certains hésiteront peut-être désormais à prendre des produits par crainte d’être piégés quelques années plus tard.
En tout cas, je suis formellement opposé à ceux qui préconisent d’autoriser le dopage sous contrôle médical. Pour eux, tout le monde alors serait sur le même pied d’égalité. Je pense que ce n’est pas vrai car une nouvelle fois les plus riches ou les plus puissants se procureraient les meilleurs ou les nouveaux produits avant les autres. Et surtout, pour ma part je ne troquerai jamais ma santé contre une médaille d’or.
Niveau contrôle perso cette année, j’ai déjà été contrôlé quatre fois (Grand Prix, France, Europe, Coupe du Monde). De plus, comme la plupart des athlètes membres de l’équipe de France Olympique, je réponds tous les 3 mois au questionnaire que m’envoie l’AMA et qui me demande notamment d’indiquer les endroits où je vais me trouver durant cette période, pour un éventuel contrôle surprise. Je fais régulièrement des suivis longitudinaux. En France, on les surveille bien. Par exemple, en athlétisme, la nouvelle recordwoman de France du 1 500 m n’a pas été autorisée à participer aux championnats d’Europe en raison d’anomalies au niveau de son suivi.
Pour finir, il y a aussi beaucoup de choses à améliorer. Il y a trop d’athlètes autorisés à prendre des substances interdites grâce à des prescriptions médicales. À mon avis, il faudrait faire plus sérieusement le tri entre ceux qui en ont vraiment besoin et les autres. Quoi qu’il en soit, les choses vont dans le bon sens et ça c’est l’essentiel. Grâce à son affaire, Landis m’aura au moins évité de commettre une erreur avant les championnats du monde de Lausanne : je ne boirai pas « 4 whiskies et deux bières » la veille de la course…

 

Juin 2006 - A ne pas louper....!

Il y a quelques jours j’ai rendu visite à une ville bien connue des triathlètes hexagonale. Autun, terre des futurs championnats d'Europe de triathlon 2006, et aussi des mémorables championnats de France 2002 et 2003.
Cette petite ville calme au premier abord, à accueillis sur différentes périodes, diverses délégations désireuses de reconnaitre les parcours et le site de la compétition. Merci au club de triathlon autant motivé et performant (pour les athlètes), qu'entreprenant et déterminé (pour les dirigeants).
Après de multiples tours sur ce fameux tracé, ainsi que plusieurs heures de discussion voilà ce que j'ai retenu de mon séjour.
Spectateurs, il vous faudra par n'importe quel moyen être présent en Bourgogne, pour un week-end de fête, le 25 Juin, munis de votre plus grande envie de vous amuser, et défouler (tous les détails sur www.belaubre.com, cherchez la news concernant mon séjour à Autun). En bref, une course vraiment faites pour le public d’une part, et d’autre part une diversité de spectacles et d’animations (concert, dance, etc…) tout au long du week-end, le tout se déroulant dans un cadre magnifique, culturel, et naturel. Le gradin et la visibilité du match de foot n’est pas si loin, avec comme bouquet finale une ligne d’arrivée au cœur de tout ce mouvement, de toute cette chaleur, face au théâtre romain.
Acteurs, et oui il en faut (je viens de prendre 20 pulls !) l’histoire n’est pas la même. Encore une fois pour ravir les personnes venues nous encourager, les parcours vélo et course à pied sont dessinés pour rendre la course très sélective, et excitante. En effet, dénivelé, et technicité se renvoient la balle du début à la fin de la course. Faux-plats, bosses, pavés, relances, bosses, faut-plats,… et ça marche dans l’autre sens aussi… !
En ce qui me concerne, je repense évidement à l’année dernière, chaque personne que je croise y fait référence en me parlant de ce futur objectif. La pression va donc s’installer d’autant plus. Habituellement elle arrive au fur et à mesure que la course approche sans jamais atteindre le « trop » qui pourrait gâcher tant de mois de préparation. J’ai d’ailleurs déjà bien réfléchi à ma façon de gérer un stress trop important ;-). J’ai lu récemment que la peur de perdre était souvent le facteur limitant pour bon nombre d’athlète. Ca parait évident mais finalement ce n’ai pas si facile à maîtriser. Surtout entre deux « t’as intérêt à gagner cette année, t’es à la maison » ou autre « tu nous refais la même ! ». Certain laisse transparaître qu’ils seraient même déçu de ne pas voir un champion d’Europe français en France. Mon but est certainement de franchir la ligne en première position, mais pas plus ni moins qu’à chaque fois que je prends le départ d’une course, et cela depuis toujours. Il n’y a jamais eu le même Champion d’Europe durant deux ans d’affilé, je ne me résigne pas, bien au contraire, mais je n’arriverai pas là-bas en terrain conquis, loin de là. Le comble c’est que à l’heure qu’il ait, je ne suis même pas encore qualifié pour prendre la départ (ce que je conçoit totalement par souci d’égalité, même si je trouverais habile de la part de l’ITU de donner une place supplémentaire à la nation du champion d’Europe en titre, pour lui-même).
Enfin voilà, je n’oublie pas naturellement les autres français dans ce discours auto-analytique, notamment le vice-champion d’Europe à qui il faut mettre la pression aussi ! Un petit « encore mieux que l’année dernière, hun !!! » serait des plus stimulant, n’est-ce pas Cédric ?! ;-D
Bon allé, je conclu car de toute façon les images parlerons d'elles même pour ceux qui seront présent, et... tant pis pour les autres. C'est un championnat d'Europe, c'est en France, c'est du triathlon, c'est gratuit, et ça repose sur une quinzaine de personnes qui ont fait tous ça rien que pour nous... J'ai envi de dire, pas d’excuse, si t'es pas là, j'peux plus rien pour toi!

Bye, Fred

 

Mai 2006 - L’argent ne fait pas mon bonheur

C’est vrai, je vis du triathlon. Mais je ne pense pas à ma valeur marchande. Ma motivation première, voire unique, est le sport. Et ma passion pour le tri. Parfois, on me demande si je n’aurais pas préféré être footballeur ou tennisman. Soyons honnête, on ne refuse pas une augmentation de plusieurs zéro en fin de chiffre, mais le prix du bonheur que j’éprouve en « vivant ma vie » vaut bien plus pour moi que ces sommes à rallonge. Enfin, il faut savoir tout de même, qu’en ce qui concerne mon avenir, j’ai fait en sorte d’avoir une sécurité d’emploi grâce certain sponsors, études, diplôme, et connaissance. Donc si aujourd’hui je ne manque de rien, c’est bien le principale. Le triathlon offre un juste milieu entre le professionnalisme et le sport. Contrairement aux sports très médiatisés, où circule un maximum d’euros ou de dollars, il n’a pas ce côté marketing de businessman et de requin, ou autres problèmes de dopage, et de critique du publique en cas d’échec. La pression du résultat ne vient pas des sommes en jeu.
Si certains sportifs sont de véritables hommes d’affaires, je ne les envie pas. Parfois je fais aussi la promotion de notre sport, en tentant de le « vendre » à sa juste valeur, mais c’est surtout en termes de reconnaissance et d’information.
Je suis conscient que c’est plus facile de parler ainsi, pour quelques triathlètes français que pour d’autres de niveau à peine inférieur. Mes sources de revenus sont multiples. C’est le club de Sartrouville et la Sncf qui m’aident le plus. Le reste vient de mes partenaires qui font de gros efforts, et cela ne date pas des Jeux d’Athènes. Dès mon titre mondial chez les juniors en 2000, des marques ont eu envie de me faire confiance, et de miser sur moi. La plupart de mes sponsors me sont fidèles depuis cette époque, tentant chaque année de m’aider un peu plus.
Après les Jeux, j’avoue qu’il y a eu une certaine folie. Un engouement général de tout ce qui se rapporte au tri. Au début, je me suis dit : enfin le triathlon est reconnu comme il se doit! Mais il y eu trop peu de concrétisation au final. Cela m’a rapidement pesé, et épuisé surtout. J’ai alors carrément envisagé d’avoir un agent, mais j’ai vite abandonné l’idée. Dans mes rapports avec les sponsors, j’aime être en contact direct avec les gens, leur parler de leurs produits, de la vie. Ce n’est pas qu’une question de chiffres. Bien au contraire. Je connais les responsables des marques avec qui je travaille depuis longtemps, je les rencontre souvent. Ce contact me paraît primordial. Si j’avais eu un agent, cela aurait cassé ce rapport.
C’est vrai que depuis les Jeux, certaines marques investissent même financièrement sur moi. Je n’ai pas l’impression de voler ce qu’on me donne, ni de faire de jaloux. Ceux qui me connaissent savent ce que j’endure à l’entraînement, dans ma préparation. J’estime mériter ce que j’ai. Être sportif de haut niveau signifie d’énormes sacrifices.
Je pense que l’équilibre ultime est de gagner financièrement ce que l’on mérite, et de ne pas avoir besoin de plus. C’est mon cas, je pense. Mais ne croyez pas que je roule sur l’or. J’arrive à en vivre, mais je n’assure pas vraiment mon avenir. De toute façon, je n’ai pas envie de glander après ma carrière à vivre de mes rentes. Le peu que je mets de côté me convient. C’est même une motivation de me dire que je vais devoir travailler après le triathlon. Cela va me pousser. J’aurais des objectifs différents, des nouveaux défis à relever. Je dirais même qu’avec tous ces projets professionnels, je n’aurais de toute façon jamais trouvé le temps de profiter des quelconques fonds de footballeur mis de côté… ;-)
Donc, vraiment, je ne cours pas pour l’argent. L’an prochain aux Etats-Unis, il y aura une Coupe du Monde de folie avec 700 000 $ de dotation, dont 200 000 $ pour le vainqueur. Bien sûr, je vais tenter de la disputer dans les meilleures conditions. Il faudrait être « stupide » pour passer à côté, ne serait-ce que pour l’aspect mythique de l’évenement. Mais je ne vais pas me préparer spécifiquement pour cette épreuve. Les primes ne me font pas aller à l’entraînement. Si une course me motive tel que les championnats du monde ou les Jeux Olympiques, j’y vais même s’il y a zéro euro à la gagne.

 

Avril 2006 - Qu'est-ce qu'une Coupe du Monde...

La Coupe du Monde

Evidement la saison à déjà bien commencé, et plusieurs athlètes français ont déjà participé à diverses coupes du monde de début de calendrier ITU. La course à la « qualif » est donc déjà bien entamée. Mais il ne faut pas s’emmêler les pinceaux, trop se disperser, et confondre les objectifs. En effet, il y a plusieurs grands évènements aux quels il faudra ce « qualifier » cette année, où à partir de cette année. Ils sont tous importants, cht d’europe, cht du monde, Jeux Olympiques de Pékin (sans oublier même quelques coupe du monde de fin de saison, aux quelles il faudra avoir fait ses preuves pour y être inscrit par la fédération française de triathlon).
En ce qui concerne les J.O. de 2008, l’important est pour l’instant d’assurer un maximum de dossard pour la France. Il y aura soit 1, 2, ou 3 dossards par nation, attribuer en fonction des résultats des athlètes de chaque pays sur les coupes du monde des années 2006, 07, 08. Les points commenceront à être donner à partir de la coupe du monde de Madrid (début Juin). Les règles sont donc établies, et les lions seront lâchés dans environ un mois.
Pour permettre à la France d’avoir 3 dossards à Pékin, il va donc falloir être un minimum solidaire entre membre de l’équipe de France. Je ne me fait d’ailleurs pas de souci à ce niveau, car la mentalité de la « nouvelle » équipe de France (millésime 2005-2008) est seine et soudée, évoluant dans une ambiance seine et agréable. De toute façon, la qualification individuelle se fera certainement sur les dernières courses d’avant ce fameux jour J.

Tous ces critères expliquent donc quelques sources de motivation à courir ce circuit internationale. Mais sur la ligne, tout s’arrête et tout s’accélère à la fois. Les heures d’entraînement, et de préparation, sont loin derrière. Tout le monde à fait ce qu’il fallait pour être dans les meilleurs conditions possibles, et sait qu’il va falloir tout donner pendant à peu prêt deux heures d’effort. Dans cette marmite sous pression, certain ingrédients à ajouter sont parfois difficile à cuisiner. Il faut donc prévoir, et gérer le décalage horaire, la nourriture parfois hors de nos habitudes (problème de transit), les éventuels choques thermiques (humidité, chaleur, froideur, etc…), la dispersion psychologique dû parfois au dépaysement, ainsi que l’organisation des derniers entrainements, briefing, et installations matériel. Mais tout cela est aussi la course, chacun sa recette, chacun ses gouts, et sa capacité de digestion (chose primordiale pendant une telle intensité ;-)).

Pour ma part, cette année, ma première coupe du monde serra à Madrid, et sera par la même occasion ma seule chance de qualification au cht d’Europe (top 10 au minimum). Ces se dérouleront en France, dans la ville bien connu des triathlètes hexagonale, c'est-à-dire Autun. Le titre que j’espère défendre là-bas, s’obtiendra dans une belle bagard, étant donné le parcours fort sélectif sur la partie cycliste. Ce sera la porte ouverte pour d’éventuelles échappées, en solitaire ou en petit groupe, et par conséquent un vrai régale pour les spectateurs. Ensuite, pour les cht du Monde de Lausanne en septembre, chaque athlètes devra effectuer un top cinq sur une des coupes du monde avant le moi de Août. Le verdict ne sera officiel que lorsque la voie du sélectionneur de l’équipe de France, et de la DTN aura retenti. J’espère que les supporter français seront nombreux d’ailleurs en Suisse. J’en profite pour remercier encore tous ceux qui criaient pour nous l’année dernière sur ce même parcours.

Alors où que ce soit, à bientôt j’espère.
Bye, Fred

 

Mars 2006 - Changement et Prise de Conscience

Février peut se résumer en quelques mots : foncier, intensité, entraînement, manger et dormir. Cela a été un mois difficile. Heureusement, il y a toujours quelque chose à quoi se raccrocher à Boulouris. Le soleil du Var fait un peu oublier le froid. Il réchauffe plus l’humeur que l’air. Ce n’est déjà pas si mal…
Le plus gros avantage reste encore le groupe, fort bien managé par Pierre Houseaux et Patrick Dréano. Le collectif ne cesse de grandir, en quantité comme en qualité, et permet d’oublier les coups de pompe trop importants. Nous autres les athlètes sommes conscients du confort et du profit qu’apporte un collectif aussi bien structuré pour l’entraînement. Le complexe aquatique actuellement en construction à Saint-Raphaël, avec une piscine olympique, une de 25, un sauna, un jacuzzi, va enrichir considérablement la valeur et le confort de nos séances de natation.
Nous devenons tous plus forts, motivés et solidaires que jamais. En stage ou dans notre camp de base. Quels que soient nos origines et notre profil. Venant de Paris, Lyon, Bordeaux ou Macon, appartenant à la préparation olympique, au pôle espoir, spécialistes du Court ou du Long, triathlètes ou duathlètes. Nous formons vraiment un groupe soudé. Se préparer à Boulouris est un pur bonheur. Quand on repense à ce qui s’est passé il y a quelques saisons, c’est presque un miracle.
Le conflit entre l’ancien pôle France de Boulouris et la DTN, qui fit rage en 2001, a séparé pas mal d’athlètes. Malgré une lutte de quatre ans, qui semblait pourtant absurde, beaucoup ont dû partir, n’ayant plus leur place dans un pôle espoir. Les choses n’ont vraiment pas été faciles pendant certaines périodes de la dernière olympiade passée. Cela me tient donc à cœur de crier haut et fort que le Creps de Boulouris et son pôle espoir ont survécu. Certains peuvent être fier d’avoir participé au maintien de la structure. Grâce à une meilleure analyse de la nouvelle DTN, il y a un petit coin dans le Var où il fait bon partager l’acide lactique.
Aujourd’hui, le groupe se reforme. Chacun partage l’expérience qu’il a emmagasinée. Chaque séance est suivie par la quasi-totalité des athlètes. En ce moment, les heures d’efforts s’enchaînent dans les trois sports. Parfois, on remplacerait bien une sortie vélo dans le froid et le vent, par une petite sieste, au chaud sous la couette, pour repartir de plus bel le lendemain. Mais c’est impossible, l’année sera chargée en objectifs.
J’ai bien avancé dans l’élaboration de mon programme 2006. La première mise en jambes aura lieu à l’Aquathlon de Vittel dont je suis parrain. Viendront ensuite les championnats de France à Rennes (21 mai), puis la Coupe du Monde de Madrid (4 juin). Ces deux épreuves seront un passage obligatoire pour la qualification au Championnat d’Europe. Il faudra donc être prêt… Jusqu’ici tout va bien.
Bye, FredB

 

Février 2006 - Jonction et Bonnes Résolutions

Février, je suis élu triathlètes de l’année pour 2005 par le magazine triathlètes mag. Je suis vraiment comblé, et super heureux. Je suis conscient que le triathlon français va bon train, et je suis fier d’en être en quelque sorte, un des fidèles animateurs. Rien de tout ça ne serait possible sans bien du monde. En ce qui me concerne, je repense à tous mes acolytes de la Préparation Olympique, du club de Sartrouville, et de l’entraînement, à mes coachs, parents et nombreux supporters, mais aussi à tous ceux qui contribuent à développer le sport en générale tel que certains journalistes, sponsors, organisateurs, agents d’athlètes, de responsable de communication et de l’animation dans certaines villes, station de ski, club, etc… J’ai d’ailleurs pu au cours de ces derniers mois, pendant la coupure hivernale et la reprise progressive de l’entrainement, me rendre compte de la curiosité et de la bonté des personnes capable de faire avancer les choses. Ils se reconnaîtront, dans tous les domaines que je viens de citer, alors je leur dis par avance un particulier et grand merci, de m’aider et d’y croire ! Par but lucratif ou non, je sens un engouement générale qui ne cesse de croitre depuis que l’Olympisme nous à tendu les bras. J’espère que cette année ne dérogera pas à la règle, et sera également synonymes de concrétisation pour beaucoup de projets.
Pour ma part, l’entraînement a déjà repris les reines de ma vie. Les premières réunions de l’année ont eu lieu à Montpellier, début janvier, en compagnie du staff équipe de France, et de la nouvelle DTN. S’en ai suivit un stage de 10 jours en altitude à Font-Romeu dans les Pyrénées. Etaient présent les athlètes de la Préparation Olympique volontaire (5 en tout), ainsi que les athlètes du Pôle de Boulouris. (Le plus amusant était de constater qu’au départ de Montpellier, certains athlètes du collectif France, refusant le stage en altitude organisé par la fédération, se sont dirigés vers nos traditionnelles et chaudes terres Saint Raphaëloise, que nous avions donc déserté quelques jours pour le froid de la montagne tant redouté). Enfin bref, fin de la parenthèse, pas le temps de souffler ici, d’ailleurs ça tombe bien car il n’y a pas vraiment assez d’oxygène pour tout le monde (2000m d’altitude). Plus de 5h d’entrainement quotidien en apnée, ça calme ! Heureusement le beau temps, et la bonne ambiance sont au rendez-vous. Après les frayeurs enivrantes du snowboard, je sens le lactique du ski de fond. Après le vin chaud, je ressens la nécessité du produit énergétique Eafit. Après le chocolat, je sens l’odeur de la bonne vieille soupe, cette dernière étant la formule intemporelle et indiscutable de l’affutage, et de la bonne humeur. Allé, soyons fou ! Pour 2006 je vous livre quelques-uns des mes plus grand secret ;-). Nos grand-mères n’ont qu’à bien se tenir !
Voilà, un dernier petit mot à prendre au premier ou au second degré. La société actuelle nous renferme un peu plus chaque jours sur nous même, paradoxalement grâce à toujours plus de moyen de communication, et cette culture du « parfait » en plein essor. On s’enferme dans nos peur de décevoir, d’échouer, d’abandonner, d’être renvoyer ou disqualifié, etc... Ces inquiétudes entretiennent le refoulement de besoin que l’on ignore. En 2006 fini la fuite et la prise de tête. Pour s’en sortir un seul moyen : Ouverture, défoulement, évasion, défit, partage, plaisir… c’est pourtant pas compliqué, Triathlon-nous les uns les autres !!! ;-)

Bye, Fred

 

Janvier 2006 - Projet pour 2006

Décembre, le conteur va bientôt repartir à zéro, munit d'aiguilles toujours plus riches d'expérience, et de volonté.
Après l'effort, le réconfort... puis de nouveau l'effort! La reprise occupe déjà notre esprit, calendrier de courses, planification de l'entraînement, et même ces bonnes vieilles courbatures qui sont déjà de retour...
Mais ne passons pas trop vite sur cette pression qui a pimenté nos projets, sur ces frissons qui ont traversés nos désirs, et sur toutes ces émotions, qui ont animées notre motivation. En ce qui me concerne, je repense à tous ceux qui ont accepté d'y contribuer, et surtout de les partager en live à mes côtés. Merci encore, je vous souhaite mes meilleurs vœux pour 2006...

Cette nouvelle année semble d’ailleurs bien chargée en terme d’objectifs et d’emploi du temps. Les week-ends en amoureux, ou en famille ne sont pas répertorié dans la légende du calendrier. La saison va débuté dès fin Mars, avec les premières coupes du monde Australiennes. Elle se prolongera jusqu’en Novembre pour ceux quoi voudront tenter une place au chalenge annuelle ITU. Ce sera donc mon cas, dans la mesure du possible. Voilà, le secret est dévoilé. Moi qui ne cours que très peu d’habitude, c’est à dire un ou deux gros objectifs par ans avec plusieurs courses de « préparation », je change légèrement de politique, et de perspective. Sur un tel programme, et pour avoir une chance de rivaliser, il va falloir parcourir le globe à raison de 8 coupes du monde dans l’année. Evidement, tout cela en assurant une certain niveau a tous les grands prix, ainsi qu’aux championnats.
Entre chaque courses, l’entraînement sera donc parfois lésé au profit de la récupération relative, qui deviendra une condition déterminante pour supporter ces enchaînements. Sans oublier la gestion du décalage horaire, qui sera un paramètre majeur. C’est vrai, certains ont déjà l’habitudes, dans le circuit internationales, de gérer un tel rythmes de déplacement et de compétition. Mais personnellement, je ne me suis jamais senti capable d’assurer un état de forme et une concentration optimal autant régulière sur une telle période. On a toujours à apprendre, l’expérience ne peut s’obtenir par aucun raccourcis. Mais le droit à l’erreur ne sera pas plus convié à cette nouvelle expérience, que la négligence, et l’ennui… Quel programme !

Il a même déjà bien commencé dès la mi-novembre, lors de la reprise générale, enchaîné d’un petit stage de natation à Orcières en décembre. Et voilà 2006, ça y est nous y sommes ! En janvier aura lieux le premier rassemblement équipe de France de cette nouvelle année à Montpellier. S’en suivra un stage en altitude à Font-Romeu de deux semaines. La première partie se fera avec ce même collectif, puis, pour ma part, le pôle de Boulouris prendra le relais jusqu’au 26 janvier. Première compétition, les inter-régionaux de cross le 28 janvier, mais là, rien que d’y penser, j’en ai la chaire de poule…

Encore meilleurs vœux à tous. Bonne fête, pour prendre des kilos, et bonne reprise, pour tenter de les perdre !

Bye, Fred


 

Décembre 2005 - 2005, comme si on y était !…

Encore une année bien chargée qui s’achève. Le temps passe si vite lorsque l’on est obnubilé par des objectifs importants. Aujourd’hui, le rythme ralenti doucement, sans pression, histoire de pouvoir enfin profiter pleinement de toutes ces satisfactions. C’est le moment de tracé un bilan, et de ressortir les bons comme les mauvais souvenirs, pour en rire, mais aussi pour progresser.
- Fin d’une Olympiade, nouveau départ. Les Objectifs club et fédérale, l’enveloppe émotionnel (amis sportif et autres, sponsor…), mon site d’entraînement, on prend les mêmes, et on recommence. Tout le monde est toujours là, pourtant on reprend tout à zéro.
- Janvier, Février, Mars : Stage de reprise, puis blessure, donc natation et musculation uniquement. Pas d’inquiétude mais un peu d’impatience quand même. Heureusement un petit détour par la Nouvelle Calédonie, un triatlhon, un état d’esprit, et une vie paradisiaque.
- Avril, Mai, Juin : Enfin je re-cours. Pas une seconde à perdre. Une reprise sur motivée, suivi d’une victoire sur le premier Grand Prix. Coup de bol ! Puis, plus rien, se ré-entraîner après 5 mois sans courir et rouler ça calme ! Tant pis, je bouffe des kilomètres sans trop de sensations. Je suis souvent seul car il m’est impossible de suivre les autres qui font déjà de l’intensité. Première Coupe du Monde pour voir l’état de forme,… bilan : y’a du boulot !
- Juillet: Championnat de France, c’est pas encore ça. Re-tampis, re-je bouffe des kilomètres. Si ça continu je ne me qualifierais jamais aux championnats du monde qui étaient à la base mon objectif principale. Coupe du Monde de Salford… Echappée à 2 en vélo, puis un très bon temps course à pied. J’y crois pas ! Du jour au lendemain, la résurrection ! 2ème victoire de ma carrière, dans un contexte stressant (ultimatum), et très dure à gérer sur le plan sportif (adversité, parcours plat, etc…). Quoi ? j’ai pas le temps d’en profiter parce que l’objectif approche ? ok…
- Aout : Stage en altitude 2 semaines et demi. Un groupe, une ambiance, un niveau sportif, et une rigueur inoubliable. Carl, Olive, David, Steph, Patrik D. et moi. « Que du bonheur ! ». En milieu de stage le Grand Prix d’Embrun, bonne séance d’entraînement, mais résultat moyen. Pas le temps de rester voir l’Ironman, dans une semaines je serai à Lausanne pour les Championnat d’Europe, complètement épuisé mais plein de globule. C’était le prix à payer pour être vraiment en pic de forme le 11 septembre, pour Gamagori (Cht du Monde). La course : pluie, parcours vallonné en vélo, plat à pied, et tout le gratin Européen. Le gros de la course se passe dans la troisième épreuve. Départ très rapide, premier kilomètre : 15ème. Un dénouement très haletant, et ampli d’un suspens captivant. Je reviens sur la tête juste à temps. Champion d’Europe ! Cédric mon pote, et coéquipier de Sartrouville termine juste derrière. C’est encore meilleurs à 2 ;-)
- Septembre : Encore quelques efforts, les plus dures d’ailleurs, avant le jour J. Nous-y voilà, « domoaligato » (merci en Japonais). Le Stressomètre à explosé. Encore une course à pied de folie, avec un premier kilomètre à 127km/h à peu près. Hélas, j’avais mis un peu trop de diesel dans le moteur. Je sors de ma sieste au 5ème kilomètre, et passe de la 12ème à la 5ème place. Content, et puis de toute façon ça y est c’est fini. Chiche, on enchaînent avec la coupe du monde de Pékin ! Allé, une petite semaine soft en entraînement évidemment. Ce qui laisse le temps de visiter un petit peu. La course : pendant les derniers kilomètre je suis en tête, avec plus de 10 secondes d’avance. A 50m de la ligne je pensais inscrire une nouvelle victoire à mon palmarès. Et puis non ! Batterie à plat depuis 1 kilomètre, manque de jus, à cause la semaine dernière…. 2ème au sprint. Quelle semaines !
- Octobre : On souffle 3 jours, je suis complètement « fané » (2 courses niveau internationale+++, puis 2 jours passé dans les avions et aéroports, décalage horaire…). La Baule pas top, puis la Coupe de France que le club de Sartrouville remporte chez les hommes.
Ensuite, annulation au dernier moment, de la dernière course de l’année, Cancun.
- Novembre : Alors voilà, c’est les vacances, c’est maintenant… « pas une seconde à perdre ! ». Pressés, moi? jamais… (Gouadeloupe, snow board, fiesta, etc…).

 

Novembre 2005 - Solitaire et solidaire

Il est parfois déstabilisant de se retrouver seul au départ d’une course, puis dans l’effort. Le résultat repose sur notre gestion personnelle, et notre forme psychique et physique individuelle. Chacun a ses armes, ses secrets, ses tactiques, et il n’y a qu’une seul place en haut du podium. Tout est là pour nous opposer aux autres concurrents. Mais le triathlon, sport individuel, implique une victoire sur ses adversaires, et non sur soi-même (différent de l’effort lors de l’entraînement). La gagne ne s’obtient donc pas de manière solitaire. En effet, l’adversaire est malgré tout un élément indispensable à la course. De cette dépendance, nées certaines notions tel que le respect, le fair-play, l’entente d’un groupe d’échappée, la tactique de course, et encore bien d’autres émotions indescriptibles partagées par les athlètes pendant les courses. Quel magnifique spectacle que de voir deux adversaires qui se tombent dans les bras. Ils se félicitent en fin de course, après un sprint les ayant obliger à aller jusqu’au bout d’eux même.
Notre sport nous lie donc tous les uns aux autres, tout en nous opposant. Avec l’arrivée des tactiques de clubs sur les Grand Prix et autres courses d’équipe, cette notion a réellement pris toute sa valeur, et son importance. Qu’y-a-t’il de plus subtile, de plus coalisant, et de plus magique que l’esprit d’équipe dans un sport individuel comme le triathlon. Cette alchimie crée des liens très forts et finalement indescriptibles.
En ce qui me concerne, j’aimerai vous parler de mon club, et de certains athlètes que je côtoie plus souvent que d’autre, durant ces périodes de compétitions. Vous allez vite les reconnaître, ils sont notamment devenus mes indispensables coéquipiers lors de notre victoire par équipe à la Coupe de France des Clubs chez les hommes. En ce milieu de saison, j’ai parcouru le monde entier au côté de Cédric F.. Il est un jour un ami, le lendemain mon pire adversaire, et la semaine suivante un athlète pour qui je me sacrifierais volontiers au cours d’une course « club ». Seb N., Guillaume D., et Francky B. complètent cette formidable équipe. Nous parcourons les chemins triathlètiques parfois simples, parfois difficiles et douloureux, en ce serrant les coudes quoi qu’il arrive. Nous ne faisons qu’un, lors de cette quête d’un titre nationale (Championnat et Coupe de France des clubs). Il faut pour chaque team établir une tactique et un esprit d’équipe, obligeant certains à ne courir qu’au service des autres. Il faut définir plusieurs scénarios en fonction du déroulement de la course, et surtout de l’état de forme, et des spécialité de chacun. Aujourd’hui on peut voir des athlètes sacrifier une victoire ou une course individuelle pour la victoire collective. On mange ensemble, on dors ensemble, s’échauffe, prépare son matériels, cours, récupère, faisons la fête ou somme déçu ensemble. On se surveille mutuellement pendant la course (à l’intérieur du même peloton ou en se croisant sur le parcours) afin de veiller à ce que chaque coéquipier soit bien placé, et prêt à réagir.
Cette sensation de partage et de soutiens est un peu nouvelle et très agréable. Ce triathlon « moderne » a fait réellement son apparition en 2000, avec la disparition du classement individuel, et des primes qui y étaient rattachées. Le classement par équipe existait déjà, mais passait en second plan dans la tête de tous les triathlètes. La meilleure équipe n’était autre que celle qui disposait des meilleures individualités. L’esprit d’équipe prend de l’ampleur dans le triathlon. Le changement a été progressif, et est assez amusant en terme de cohésion. La tendance est la bonne ambiance, même si les victoires ne sont plus que pour la gloire.
Avec l’apparition de la deuxième division, la notion de camaraderie est une nouvelle corde à l’arc du triathlon, qui pourrait séduire encore bon nombre de futurs pratiquants…

Alors à bientôt, Fred.

 

Octobre 2005 - 2 semaines, 2 courses, et des milliers de souvenirs…

Au retour des championnats de Lausanne, la confiance, la motivation mais aussi la fatigue se confondaient en moi (stage Alpes d’Huez + Embrun + Cht d’Europe). Très vite la préparation pour le Japon à repris à Saint Raphaël, en compagnie du même groupe, plus investie et soudé que jamais dans la dernière ligne droite. Après un détour par Saint Jean de Luz, pour donner le départ de cette formidable épreuve, le vrai décollage eu lieux, dans l’enthousiasme des retrouvailles collectives. L’équipe de France était au grand complet, juniors, espoirs, séniors, médecin, kiné, DTN, et président ferait donc parti de cette première partie (et principale) du séjour. Avion, bus (découverte de la ville quasi déserte), décalage horaire, bagages, vent violent (typhon encore un peu présent), bref… rien de tel qu’une petit séance de natation suivi d’une repas typique (sushi, riz, litchi) pour se détendre. La nuit ne fut pas trop récupératrice à cause du décalage, mais tout est rentré dans l’ordre au bout de 3 jours. Le dépaysement n’est que partiel, Gamagori, ville portuaire, se résume un immense port de marchandise, ses dock, et entrepôts, ainsi que la montagne tout de suite derrière, et quelques îlots devant. Les minis-entraînements et briefings divers s’enchaînent pendant que la pression monte… un peu trop vite d’ailleurs pour ma part. Samedi nous étions spectateur des espoirs, et juniors fille. Dimanche, levé 8h30, un petit stress m’envahi déjà, le petit dèj. est très léger. Les derniers rituels d’avant courses s’enchaînent mécaniquement avec précision et concentration. Le site est habituellement dédié aux courses de bateau « off shore ». Il est composé d’un bassin, entouré de gradins d’un côté, et d’un écran immense en face sur l’autre rive. Il y a une route comprenant le parc à vélo, situées entre les gradins et le plan d’eau, nous l’emprunterons à chacun des 7 tours vélo et 4 tours course à pied. Le public est déjà installé, imprégné de la course des seniors filles. Après la présentation des athlètes, le coup de départ nous libère de toute la pression qui s’était progressivement accumulé. Mon départ médiocre et mon mauvais placement sur le ponton m’oblige à me battre pendant les 1500m pour tenté de remonter sur la tête. Je sors 22ème de l’eau, à 12 secondes, au contact avec le bon groupe. Le premier tour, emmené par F. Bignet, est assez mouvementé, mais le rythme s’essouffle rapidement par manque de coopération. Le peloton passe de 15 à 25, puis rapidement 40. Je reste au maximum au avant post pour surveiller les attaques, et ne pas trop subir les multiples relances (en tout 150 virages à 90 degré minimum, et le relief… inexistant). Certains passage assez dangereux puisent beaucoup nerveusement, le pack est en perpétuel mutation, parfois en ligne, parfois en essaim compact. La transition n°2 semble ne pas avoir eu lieux, transformant comme par magie sur cette large route, les cyclistes en coureur à pied, sans que l’allure n’est encore changé. Le public s’enflamme de plus en plus, je suis 16ème après le premier kilomètre. Comme prévu, il fait très chaud et surtout très lourd. L’humidité devient suffocante, je suis seul a 15 seconde du groupe de tête, et voit parfois une unité se détaché brusquement par l’arrière, comme complètement dépassé par les événement. A chaque croisement de cette escouade, je constate qu’elle s’affine et que je me rapproche. Je suis maintenant 7ème il reste 5km, Cédric Fleureton se laisse légèrement décroché à son tour, je le double au passage du 3ème tour. Je suis 5ème, le podium est à 11 secondes, effectuant sûrement le dernier tour plus rapidement que tout le monde, je donne tout pour rejoindre Hamish Carter. Dernier virage, je sers les dents essayant de sprinter et de sortir de cette allure trop régulière depuis le début. Mais la ligne se rapproche et les mètres sont trop dure à grappiller. Ca y est je vois à 150m le 1er qui passe la ligne en s’effondrant, le 2ème, puis le 3ème en font autant. J’arrive 5ème tout près, et à la fois si loin de ce podium. C’est ma meilleurs place en championnat du monde, pourtant une pointe de frustration me gène, ce premier km trop lent, et fatal à ce niveau là.
Je n’ai plus de place pour la coupe du monde de Pekin que j’ai enchainé le week end suivant avec une équipe de France réduite. En 2 mots, je me suis vengé de ce podium manqué, 2ème au sprint avec Hunter Kumper, leader du ranking international. J’ai fait la découverte du parcours des futurs JO 2008, du climat, de la vie chinoise, de la population, des coutumes, de l’organisation… Visite de la Muraille de Chine, de la Citée Interdite et de la place Tienanmen. Le dépaysement était flagrant, mais l’épuisement commence à me faire regretter mon petit canapé, et ma Méditerranée. Qu’il sont chauvins ces français ! ;-)

 

Septembre 2005 - Stage Commando à l'Alpe

On se croirait revenu un an en arrière. L’an passé, le stage organisé dans la célèbre station alpestre avait certainement contribué à ma 5e place aux Jeux d’Athènes. Cette année, il me sert de préparation pour les championnats du monde qui auront lieu à Gamagori, au Japon, le 11 septembre. Je dépose mes bagages le dernier car je reviens d’Angleterre. Coupe du monde dimanche précédent , reprise de l’entrainement après ces heures d’avion et de voiture dès le mercredi matin… à l’aube. Sont déjà dans le chalet Carl Blasco, David Hauss, Olivier Marceau, Stéphane Valenti, Cyrille Neveu et bien sûr notre coach Patrick Dréano. Notre logis, très spacieux, comprend 4 chambres. Malgré quelques variantes, le programme ressemble à celui de l’an passé. Les séances vélo seront toutefois moins axées sur le travail en bosses. Normal car le parcours de Gamagori sera moins dur que celui d’Athènes.
Nous nous levons en général vers 7h30 sauf celui qui est chargé d’aller chercher le pain (ou les croissants le dimanche). Le petit-déjeuner ne doit pas durer très longtemps car nous devons impérativement être dans le bassin de la piscine découverte à 8h30. Une fois déshabillés, malgré le soleil bien présent nous ne traînons pas longtemps sur le bord car la température extérieure n’est pas très élevée. La séance dure à chaque fois 1h20 pour un total de 4,5 km. Le programme varie ensuite selon les jours. Deux options se présentent :
- après la natation, nous retournons à l’appartement avant de repartir tout de suite pour un footing de 45 mn. Retour pour le déjeuner. Nous mettons tous la main à la pâte pour user d’un maximum originalité. Le résultat est plus régénérateur que gourmet, mais c’est le principale. Ensuite place à la sieste, avec une réel nécessité qui relève plus de la survie qu’a un désir de confort. Elle peut durer jusqu’à 14h55. L’essentiel est d’être prêt à 15h30 pour une séance vélo de 3 heures. Le circuit, très vallonné, marque musculairement. Mal est celui qui n’en a pas gardé sous le pied car nous terminons systématiquement par l’ascension de l’Alpe d’Huez. Les arrivées ne sont donc pas groupé à l ‘appartement, mais sans esprit de compétition pour autant, chacun son rythme dans la bosse. Les écarts en cas d’hypoglycémie peuvent aller jusqu'à 40min !!!!! Nul besoin de décrire l’éclat de rire de tous les autres, assient dans le canapé devant le bol de chocolat chaud et la tranche de 4 ¼.
- après la natation, nous enchaînons directement avec 2 heures de vélo plutôt tranquilles et sans montée de l’Alpe d’Huez. Remontée en voiture. Déjeuner (toujours nous les chefs) et sieste. Il vaut mieux être en forme au saut du lit car à 17 heures une séance de course à pied pas piquée des vers nous attend. Dure, longue et intense sont les adjectifs qui la qualifient. Au total, 1h30 d’efforts pour 20 km effectués en moyenne.
Nous reprenons ensuite des forces au restaurant tenu par la belle-sœur de Cyrille Neveu. Pressés de rentrer au bercail, nous ne nous attardons pas. Le reste de la soirée se passe dans le calme. Chacun vaque à ses occupations : télé (championnats du monde d’athlé), mots croisés, ordi…
L’extinction des feux s’effectue en général vers 23h30. Rarement au-delà.
Malgré la difficulté du stage, je prends beaucoup de plaisir à y participer. L’ambiance est super bonne à l’intérieur du groupe. La présence de mes partenaires me motive pour me surpasser. Quoi qu’il en soit, même si le stage aura sans doute des répercussions bénéfiques, il ne me permettra pas d’atteindre le niveau de forme que j’avais l’an passé pour les Jeux. J’ai pris trop de retard, notamment sur le plan musculaire, à cause de mes 4 mois d’arrêt, consécutifs à une blessure au genou. Je me présenterai malgré tout avec de fortes ambitions au championnat du monde et j’ essayerai de vous ramener une médaille du Japon. Soyonara !

 

Aout 2005 - Singapour ou contre

Les mots, et les discours de Mr Houchon, Lamours, et Delanoë m'ont ému et re-motivé quand à l'échec de l'aventure "Paris 2012". En tant que parrain en île de France, j'ai à mon petit niveau contribué, comme j'ai pu, à promouvoir et faire vivre cette campagne, ce mouvement, ce combat. La déception fut bien présente à l'annonce de la ville victorieuse : « in the city of… » la suite vous la connaissez. Accompagné d’un quoi ?! non ?! c’est pas possible ?! ainsi que d’un feu commun, sans plage, ni danseur, ni jambé, mais plutôt à l’aide d’un certain tee-shirt dont la fabrication à été brutalement arrêter.
Egalement à Singapour, l’émotion à été vraiment très forte apparemment. Il y eu tellement d’investissement de la part de chacun, mais aussi une grande surprise mêlé d’une impression d’injustice. Dans ces cas là, on se sent tous solidaire, et je pense qu'une défaite n'est jamais complètement négatif. Cela fait du bien de sentir au moins que les personnes qui étaient charger de représenter la candidature Française, l'ont fait avec amour et dévotion. De plus, il reste heureusement encore quelques bons côtés à ce mouvement commun, même s’il à coûter la modique somme de 160 000 euros. En effet, il y a certain projet de construction ou d'organisation de manifestation sportive (tel qu’une étape de triathlon à Paris, même si ce n’est plus sur les champs et sous la tour Effel…) qu’il faut maintenir et continuer à développer, et surtout à concrétiser.
Bref, la vie continue, "Londre de choc" ne nous à pas complètement démoli, loin de là. Bon courage à tous ceux qui y croyaient autant que moi. Il faut garder le moral, et continuer à se battre en visant ce fameux rendez-vous de 2012, où qu'il soit, afin d'y être dans la meilleurs forme possible.

En ce qui concerne les championnat de France, j'ai eu énormément de soutien, et d'encouragements avant et pendant la course. Je ne peux m'empêcher de penser à vous qui espériez me voir peut être dans une meilleure forme.
Cette année, au début quelque peu difficile, reste dure à gérer. La grande forme n'est pas loin mais arrive trop lentement par rapport aux courses qui s'enchaînent. L'entraînement pourtant ne me laisse que de très bonnes sensations. J'en ressors d'ailleurs un tant soi peu frustré. Non pas de cette 4ème place, ce serait un manque de lucidité quand à la magnifique course effectuée par les 3 hommes du podium. La frustration viendrait plutôt du déroulement de la course, et surtout de la partie cycliste. Je m'étais préparé très dure, je me sentais "fort" en vélo, et étais loin de m'imaginer souffrir autant dans la bosse, aux côtés de ce peloton qui semblait gérer parfaitement cette ascension. J'ai sauté des roues 4 fois, alors que j'avais prévu m'échapper sur un tel parcours, au vue de ma préparation. Par contre, l’effet fut inverse quant à ma course à pied qui me laissait douteux, mais qui m'a tout même permis de finir au pied de ce beau podium.
L'objectif de l'année reste le championnat du monde, et la victoire au grand prix par équipe.
Comme dirait B. Delanoé, "j'espère que je ne vous ai pas trop déçu..." (c.f.: résultats JO 2012) lors de ces championnats de France, personnellement je pense que terminer à quelques secondes d'athlètes tel que Franck, Cédric, et Sylvain après un hiver aussi perturbé est une bonne performance (même je ne m'en satisfais pas... ;-)
En tout cas, j'espère que le soutien, et l'émotion qui émanent du public et que je ressens lors de ces courses, n'en sera pas affecté, froissé, ou diminué. Parce que ça fait vraiment chaud au coeur de courir, et de se battre dans ces conditions.
Merci à tous pour tout ça, au nom du beaucoup d’athlètes je crois.
A bientôt j'espère ;-)...

 

Juillet 2005 -

La première coupe du monde de l’année, c'est déjà du passé, et les suivantes vont se faire rares pendant la période juin-juillet. Les Grand Prix ainsi que les championnats de France combleront aisément nos week end, mais cela signifie surtout qu’il ne reste plus que très peu de courses pour réaliser les critères de qualification aux championnats du monde. La date butoir est tout simplement le soir de la course de Salford, fin juillet, que je disputerai en tant que deuxième et ultime chance de qualification.
La première tentative, le 5 juin à Madrid, passa très vite en raison de la proximité du lieu. Par grande chance, cet argument valait aussi pour bon nombre d’Européens, qui ne se sont donc pas gênés pour venir en masse se disputer la victoire. Le plateau était de poids, pour une course de « reprise », ça calme ! Moi qui pensais ne trouver que quelques novices, une dizaine de blessés, et deux australiens fatigués par le début de saison… c’est ballot !
Enfin bref, les dés étaient jetés et la forme n’était pas si mal. Le dimanche arriva très vite après quelques tests sur le parcours, l’habituel briefing, et une visite rapide des rues piétonnes du centre ville. Nous avons marché ou couru sous les drapeaux « Madrid 2012 » qui ornaient le moindre lampadaire ou feu tricolore. D’ailleurs le temps nous a hélas manqué, pour pouvoir les remplacer par les bons… Vous voyez ce que je veux dire... ;-)
La corne de brume raisonna dans tout le parc de la « Casa del Campo » (lieu de la course) à 12h30. Personnellement, il s’ensuivit une très bonne natation, puis un vélo au parcours vallonné, mais apparemment pas assez pour permettre aux multiples tentatives françaises de s’échapper jusqu’au bout. Après les huit tours vélo, l’agitation générales associé au nombre d’athlètes dans ce peloton (40) et à la densité de niveaux, ont rendu la transition quelques peu brutale. Pour ma part la course à pied se déroula avec de bonnes sensations (sans parler de la température extérieure de 35°C). Mais les résultats et la différence de vitesse d’une part sur l’ensemble de la course à pied, et surtout sur le premier kilomètre, m’ont montré les points qu’il me restait à travailler. Ce sont évidemment les séances de rythme que je sais ne pas avoir eu le temps d’effectuer cet hiver. Je ne suis qu’a moitié insatisfait. Cette compétition marqua aussi un tournant remarquable en terme de d’age et de mentalité. Le « groupe PO » a changer, a grandi, a rajeuni. Moins d’expérience, et plus de fun. C’est sympa un peu de sang neuf pour dynamiser cette entreprise… de longue haleine.
Le week end prochain, le sprint de Beauvais va peut être me redonner un peu de vitesse. Déjà le 3ème grand prix national de l'année, mais aussi le championnat de France de Duathlon, et biensûr l'Iron Man de Nice que je ne pourrais aller voir. Le triathlon montre ce week end l’étendu de ses capacités. Après un proche vote, certains sport vont devenir Olympique, mais d’autres vont devoir quitter ce label, je ne pense pas que l’on soit trop menacé. Cette grande famille du multisport grandit en France d’années en années, ajoutant dès que possible une corde à son arc. En ce qui me concerne je continue de développer mon expérience dans un autre domaine qui me passionne. De fil en aiguille, je pense être bientôt capable de commercialiser quelques unes de mes « créations » textile. Cela leurs éviteront de se succéder et de dormir tristement au fond du placard. Je ne manquerai pas de vous tenir informer via mon site internet.
Bon week-end à tous. Fred

 

Juin 2005 - Les 20 personnes qui ont marqué ma vie

1 et 2 - MA MERE et MON PERE : Ils représentent presque le monde entier à mes yeux. Se transformant en tout ce dont j'aurais besoin dans ma vie d'athlète, conseillé, avocat, comptable, manager, masseur, chauffeur, mécano, psychologue, secrétaire, etc... Mais en définitif, je ne les vois que très rarement, en dehors des triathlons nationaux où ils viennent me soutenir. Mon père est connu pour m’aider dans ma vie de triathlète, mais ma mère m’apporte également beaucoup. Ils sont complémentaires : ma mère m’a transmis la sagesse et mon père la fougue. J’ai aussi bénéficié de la meilleure éducation. Mes parents m’ont permis de m’épanouir à 300 %, en me faisant confiance. Je suis autonome dans toutes mes décisions, mais ils m’ont toujours donné les outils adéquats et les conseils justes pour trouver le bon chemin. Je ne les ai pas toujours écoutés, mais les erreurs font aussi partie d’un bon apprentissage. »

3 - PATRICK DREANO : Et ces fameuses « petites bêtises » formatrices, je les aient fait loin d’eux. En 1995, j’ai incorporé le pôle France de Boulouris. Au fil des années, j’y ai alors appris ce qu’était la discipline, et les règles de vie. C’est Patrick qui m’a sculpté, moulé, et forgé pendant mon adolescence. Les premiers contacts quelques peu « électriques » n’ont pas été toujours facile. Mais j’étais autant tenace que dispersé. Patrick, lui était tout simplement carré, direct, et sans pitié (en restant humain quand même). Il a su me montrer ce dont j’étais capable, le développer, et surtout m’apprendre à le maîtriser. J’ai compris aussi qu’il fallait d’abord pleurer de douleur, avant de pouvoir pleurer de joie. Il connaissait le chemin par cœur, il a construit les rails adaptés à ma locomotive, et depuis… ça roule, de plus en plus vite. C’est lui qui rythme mon existence et mes journées, ses plans d’entraînement son de véritables bréviaires pour moi. C’est bizarre, mais tout ce que je fais, est de loin ou de prêt, en fonction de son jugement.
Enfin ce qui est sûr, c’est que mes parents comme Patrick ont cru en moi très tôt (même avant moi), m’ont donné confiance en moi, et c’est la principale raison pour laquelle je suis là, à vous parler de tous ça.

4 - Je n’oublie pas PIERRE HOUSEAUX bien sûr, en ce qui concerne ces années d’entraînements au CREPS. Il a toujours été au prêt de moi, depuis 1997 (2 ans après mon arrivée à Boulouris). Très proche des athlètes, il m’a souvent apporté son aide, ainsi que de précieux conseils, notamment à Perth lors des championnats du monde juniors 2000.

Je vais vous parler maintenant de mes amis proches. Ils pourraient tour à tour être « mon meilleur ami » comme ont dit puérilement, mais il s’agit souvent de relation à distance. Ils sont différents les uns des autres, et ne se connaissent pas forcément. J’ai partagé avec eux des moments, des passions, et des émotions complètements diverses et décalées.
Je pense à :

5 - BORIS GROS : En un mot « Poissy – Triathlon ». Jeunes, Fun, ambiance délire, beaux gosses, et jolies filles. Le « Alerte à Malibu » du triathlon a séduit le nageur que j’étais, lassé à 13 ans des carreaux bleu et blanc du fond de la piscine. Ont a passé de très bon moments, pendant et en-dehors des entraînements. Merci aussi à ce nid (dont P. Gros), qui m’a apporté énormément, et protégé durant mes premières heures de vol.

6 - J’ai donc commencé le triathlon à Poissy en même temps que CHRISTOPHE GOURDY, qui a fini par changer de voix. J’ai effectué entre autre, tous mes premiers footings, et mes premières sorties vélo en sa compagnie. Je ne pouvais pas ne pas parler de lui, j’ai de très bon souvenir de cette amitié.
Après quelques années à Boulouris, j’ai intégré « l’équipe première » de ce club. J’ai pu enfin courir avec les seniors qui m’impressionnaient dans les magazines.

7 - CARL BLASCO : Un ami, un sage, un athlète très sensible et sincère. Un guide parfait pour un jeune rêveur de médaille comme je l’étais en arrivant encore ado dans ce sport/étude. Il m’a accompagné pendant des milliard de km, parfois trop rapide, parfois trop lent, parfois vexé, mais toujours complice hors paire (et cela même jusqu’à l’accomplissement de mon/notre objectif principale).

8 - Avec STEPHANE VALENTI, nous formons au quotidien un trio de choc très solidaire. Cela diminue les moments de doutes, fatigue, et douleur de l’entraînement, qu’un sportif rencontre plus souvent qu’on le croit. Avec cet ancien coureur de 1500m, crossman et aujourd’hui duathlète international, nous avions, sans avoir les mêmes points forts, exactement le même niveau en course à pied. J’ai énormément progressé grâce à cet athlète d’une droiture et d’une loyauté exemplaire. J’ai partagé mon logement en collocation avec lui, pendant plus de 3 ans. Rien n’a jamais réussi à faire d’ombre à notre amitié authentique.

9 - J’ai aussi rencontré l’homme qui se cachait derrière le « poster » d’OLIVIER MARCEAU. N’ayons pas peur des mots, même si aujourd’hui ont se lance les pires sarcasmes à la première occasion (rire), il était pour moi une sorte de « modèle-ami » lorsque j’avais 15 ans. Par son palmarès sûrement, mais beaucoup plus par sa vision du sport, et son côté humain. J’ai beaucoup appris quand à l’approche d’une compétition, lors des premières courses que j’ai disputées à ses côtés. Par la suite, on s’est croisé à Perth en 2000, puis à Athènes en 2004. Ce sont, par hasard, deux de mes plus beaux souvenirs sportifs.

10 - MES POTES DU CREPS : J’ai été très proche de tous les gens que j’ai pu rencontrer au CREPS. Qu’il s’agisse de Triathlètes (Yohan V., Charly L., Gaël M., David H., Nicolas B., Sylvain S., Cyril N., Gilles R...) ou d’autres lanceurs de poids (Mikaël S.), skieurs nautique (Florent P.), volleyeuses, archers (Pierre B., Loïc R.) ou tennismans. Mais depuis mes 15 ans, tous ces amis passent et s’en vont après une années ou plus de sincère camaraderie (malgré la rivalité du sport). Avec la distance la flamme s’éteint pour laissé la place à une amitié moins « intime ». On se retrouve heureusement souvent avec certains, mais ce n’est plus toute à fait la même connivence.

11 à 13 - MES POTES DE CLUBS ainsi que DENIS et PIERRE VERON: Je vis depuis 5 ans une expérience très riche au seins du club de Sartrouville. Les dirigeants de ce team, laissent régner un esprit de sincérité, simple, et chaleureux. Il y a eu quelques départ ou nouvelles recrues depuis mon arrivée, mais l’ambiance y est toujours très agréable et me permet d’être bien dans ma peau, et décontracter avant les courses. L’esprit d’équipe n’a jamais aussi bien porté sont nom que dans ce groupe (Cédric F., Guillaume D., Francky B.).

14 à 18 - J’ai gardé, les plus « Xtrem » pour la fin : GUILLAUME PRIMAULT avec qui j’ai intégré le pôle France en 1995. Suite à un stage dans ce même centre, tel un pari mutuel, nous avons rempli un dossier d’inscription ensemble. Après être accepté, nous avons été mis dans la même chambre, pour partager une de nos plus belles années. La totalité de cette année de second au lycée, reste gravé dans ma mémoire à jamais. A notre binôme de choc, s’ajoute CEDRIC PRIMAULT, CEDRIC LEQUERRE, ROMAIN BUCHINO, CYRIL POCHON, bref tous mes amis d’enfances (et d’autres tel que Bertrand B., Pierre D., Alexi G., etc…) Pour la plupart ils étaient triathlètes, et le sont encore. Ils font vraiment partis de mon équilibre et m’ont permis pendant ces années de « métier » et de haut niveau, à relativiser et à toujours garder les pieds sur terre. Je décompresse totalement en leur compagnie. J’oublie complètement les soucis ou les pressions du quotidien, je m’évade et prend tout à la rigolade. Pas de triathlon dans la bouche quand on va boire un verre ou au resto. Je redeviens un ado immature, c’est un besoin cyclique pour moi. Hélas, ils ont beaucoup progressé, et sont maintenant eux aussi proche d’un objectif Olympique. Hé les gars, ont restent potes quand même !!!

19 - Parlons aussi de celle qui marque aujourd’hui ma vie 24 heures sur 24, et 7 jours sur 7. Je ne vais pas vous raconter mon premier amour, alors parlons plutôt du présent. Il suffit de dire que j’ai passé plus d’une ligne d’arrivée transcendé, en voyant sont visage dans les nuages, que lorsqu’elle n’est pas là, il manque toujours quelques choses, et que lorsque qu’elle est là, tous va bien quoi qu’il arrive. Allé, son prénom quand même, JULIE.

20 - Pour finir, avec ces personnes qui ont marqué ma « longue » vie (rire), je vais faire un bisou à ma sœur, NATHALIE et à toute sa petite famille. On s’est souvent croisé pendant mon enfance, car nous avons une dizaine d’années d’écart. Même si aujourd’hui encore, les occasions de se voir sont très limitées, je pense souvent à elle, et à ses petits anges de 5 et 2 ans (Flaura et Antoine).

Bilan, 25ans, une devise (« mieux vaut avoir des remords que des regrets »), autant de très bons souvenirs que de journées écoulées, et cela dans des domaines complètements différents. Une diversité de parcours, comme de plaisir que j’ai pu vivre grâce à vous tous. Et même si j’oublie quelques personnes, c’est la preuve d’un bonheur sincère et véritable que j’espère avoir pu transmettre également à tous ceux qui font parti de ma vie. Je tenais à dire qu’il n’y pas une seconde que je regrette, alors un sincère et grand MERCI. Continuons comme ça, la route est encore longue… Ce n’est pas le moment de se reposer… ;-)

 

Avril 2005 - Un moi tout en couleur

Un moi tout en couleur…

Le blanc c’est pour la neige, qui est tombé partout, même sur les plages de Saint Raphaël. Heureusement, les flocons ont très vite fondu grâce au soleil et ces 16°C, qui m’ont évité une dépression hivernale.
Et pourtant, le noir est bel et bien pour le moral… Malgré les heureux événements du moi de février, la forme bat un peu de l’aile, ou plutôt du genou. En effet, avec l’arrivée de mon quart de siècle d’existence, ainsi que la St Valentin (le même jour, et loin de ma valentine) une tendinite des plus tenace fut un cadeau que je me serais bien passé d’ouvrir. Depuis mon retour de l’Alpes d’Huez, mi-janvier, une douleur à l’insertion du TFL m’empêche de courir. Non loin du « syndrome de l’essuie-glace », cette tendinite persiste malgré le repos. Les petites courses de préparations s’annulent les une après les autres, c’est maintenant le tour de la coupe du monde de Mooloolaba en Australie. Heureusement je me défoule sur la natation, et le vélo (lors des premières semaines, mais maintenant plus de vélo non plus) qui ne donnent aucune douleur. Je suis donc allé à l’Aquathlon de Vittel en animateur, parrain, supporter, DJ, et vendeur de sandwich. Cela m’a redonné du bôme au cœur, de voir toute cette énergie chez des jeunes très motivés. La finale fut toute aussi spectaculaire, ça donne envie de « jouer » aussi… Mais le bout du tunnel n’est pas loin, je pense être vite remis sur pied grâce aux soins, puis compétitif grâce aux entraînements natation que j’effectue avec encore plus d’intensité. Un vrai poisson rouge dans cette piscine toute bleu.

Un peu de jaune maintenant, sur le maillot du vainqueur du Paris-Nice. En tant que nouveau « spectateur » officiel de tous ce qui peu me changer les idées, je suis aussi allé faire un tour à Nice lors de l’arrivée. Les coureurs, Les médias ainsi que les villes accueillants les différentes étapes forment un trinôme parfait, dans lequel l’un ne va pas sans l’autre. Le développement d’un sport ne peux se faire sans cet intérêt commun et donc celui du publique. La comparaison avec notre France Iron Tour est vite faite, mais cela ne tiens pas à grand-chose. La société qui s’occupe d’organiser et de promouvoir cette course de vélo, a comme principale argument le Tour de France (qu’elle organise également) pour appâter d’éventuels partenaires. Elle avait sérieusement pensé à reprendre les reines du FIT. Cela pourrait apporté beaucoup, en tant que tremplin médiatique, au triathlon. Affaire à suivre…

Passons au vert synonyme d’espoir, avec mon avis sur le projet AFT (Athlètes For Transparency). Je ne trouve que des avantages à la « transparence », surtout si les gens sont assez intelligents pour les analyser à la hauteur de leurs compétences. Pour le reste, je pense que tout le monde manque de vraies informations concernant les lieux obligatoires, le nombre, et les caractéristiques de ces « prises de données physiologiques ». En fonction de ces précisions, le financement de cette action (qui semble le premier litige) pourra prendre une réelle signification pour tout le monde. Un chiffre sans motif, n’est pas assez significatif. La somme aussi est peut être à revoir car trop excessif au premier abord. Surtout rapporté au manque de certitude concernant la réelle efficacité, et la communion de ce projet. En un mot, bonne idée, mais encore trop flou, compliqué, et surtout trop onéreux pour un projet qui doit touché un maximum de personne si il veut vraiment porter ces fruits.
Et pour finir l’ensemble de toutes ces couleurs, soit, « ». Ce magnifique pari collectif, donnerai à la France, au sport, et plus personnellement au triathlon, une occasion en or, de grandir, et de se réunir devant un but commun. C’est étonnant de voir que le pourcentage de soutiens des français n’est que de 90%. Eh ! Oh ! Les 10%, vous n’avez qu’à louer votre logement très cher pendant cette période, et partir en vacances ! Je plaisante bien sûr, chacun ses goûts… Bye, Fred.

 

Mars 2005 - Les Français parlent aux Chinois !

Attention, une équipe de France peut en cacher une autre ! Et oui, je rentre directement dans le vif du sujet. Les quelques jours à Montpellier, durant le moi de janvier, furent très constructif. Certes, toute la mise en place du staff « équipe de France », entraîneur, DTN, médecin, kiné n’est évidement que momentané, étant donné le changement de DTN, maintenant connu de tous, pour Juin prochain.
Malgré tout, il nous a été présenté le projet du directeur des équipes de France provisoire, afin de savoir comment aborder cette nouvelle saison. Il y a donc une équipe de France A, une A’, et une B. Appart la lettre, les différences se feront aux niveaux de l’investissement financier de la part de la fédération, sur les déplacements des différentes courses internationales (coupe du monde, coupe d’Europe, etc…). D’après le budget réservé, par la fédération aux déplacements internationaux, je pense personnellement que ce choix est judicieux. Il permet d’agrandir le groupe de la Préparation Olympique, ce qui inclus certains jeunes désireux de prouver ce dont ils sont capable…ou pas. En effet, d’une part, le nombre de courses internationales est limité (5 pour le groupe A, 3 pour le A’), et d’autre part les résultats seront une cause de remboursement du « séjour » pour le groupe B.
Il y a différentes façons de voir cette méthode conditionnelle:
C’est bien, parce que c’est une source de motivation supplémentaire et le groupe s’agrandi. Au début de la P.O. 2004, il n’y avait pas de place pour les espoirs, même très motivés. De plus, il y aura moins d’injustice, ou de jalousie de certains se disant capable de faire tel ou tel résultat, après comparaison de tel ou tel données antérieures. Chacun sa chance.
Mais c’est également pas bien, parce que cela donne plus de chance à ceux qui en ont les moyens financiers au départ.
Moi, je n’ai pas réellement d’avis, parce que je n’ai jamais été confronté à cette pression supplémentaire, donc je ne peux me permettre de juger. Mais si j’étais dans ce groupe, je me dirais que je vais pouvoir me mesurer aux meilleurs, me connaître de manière plus poussée, et surtout rentrer l’année prochaine dans le groupe supérieur. Si finalement je n’y arrive pas, c’est que je n’ai pas le niveau, je réessayerai l’année prochaine.
Il est aussi sûre que d’autres athlètes n’étant dans aucun groupe, mérite leur chance également. Mais le problème de budget fédérale persiste. Même les athlètes du groupe A voudraient pouvoir tenter un titre de vainqueur de la coupe du monde au générale, mais ne peuvent pas complètement rivaliser avec un total de six courses (coupes du monde + championnat du monde)… Tout cela ressemble à un discours « d’élite » qui ne se contente jamais de ce qu’il a. Mais la nature humaine est ainsi faite. Toujours plus loin, plus vite, plus longtemps, pour gagner contre soi où les autres… Pourquoi ?... demandez au saumon qui remonte la rivière. Et la vie créa l’objectif.
Dernier point évoqué lors de cette réunion : la qualification au championnat du monde. Les critères sont simples.
Les voilà par ordre de priorité :
- Un podium sur une coupe du monde.
- Deux fois dans les huit d’une coupe du monde.
- Champion de France.
- Vainqueur d’une Coupe Intercontinentale (course internationale niveau 2).
Comme ça vous savez, pas de polémique, ni de « mauvaise sélection ». Les règles sont ce qu’elles sont, à l’athlète de s’adapter… que le plus « triathlète » gagne !


 

Février 2005 - Cette fois c’est la bonne !

Ca y est, je sors enfin de ce brouillard épais de méditation, mais aussi de ce nuage de liberté et de tentation alléchante. Cette fameuse « coupure » fut une période assez flou, où le besoin de se reposer, de décompresser, et de se détacher de cette hygiène de vie, fut aussi mêlé de l’envi d’être « sérieux » et de se « ré-entraîner ». Avant tout, quelques rendez-vous pour régler la saison prochaine, puis tout ce chocolat, ces fêtes de fin d’année, certains évènements à arroser entre amis, ou en famille, quelques délires en snow board… des vacances quoi ! Ca fait vraiment du bien, mais je sens que ce n’est qu’un passage qui me sert d’élan pour resauter encore plus loin la prochaine fois. Il n’est pas si évident de se lâcher complètement dans cette vie parallèle de « détente » si éphémère.
Enfin maintenant voilà, j’ai retrouvé le monde réel. Après une pseudo-reprise, début décembre, le vrai boulot à repris officiellement ce vendredi 7 janvier en altitude. Cette méthode d’entraînement, aujourd’hui bien répandue, est devenu une habitude pour le groupe d’athlètes de Patrick Dréano. Notamment en 2004, pendant 20 jours en juillet, pour préparer Athènes, mais aussi chaque année en janvier pour la reprise de l’hiver. C’est en compagnie de triathlètes longue distance (C. Neuveu, G. Reboul, A. Cléau) et de Duathlète (S. Valenti), que les kilomètres s’enchaînent dans la piscine découverte et sur les pistes de ski de fond de l’Alpes d’Huez.
Nous avons nagé 7km tous les matins, dans l'eau fumante de la piscine extérieur. Le décor est de taille et de qualité : montagne, neige, et même certains skieurs dans les remontées mécaniques. L’après-midi était synonyme de glisse et pourtant pas de sensations fortes : ski de fond sur parcours plutôt vallonné.
La période de foncier a bien commencé, comprenant aussi vers mi-janvier la reprise du vélo, et de la course à pied. Les sensations sont plutôt étranges, comme à chaque recommencement. Les appuis fuyants dans l’eau, les fesses douloureuse en vélo, les jambes (et l’estomac) lourd en course à pied. La chanson n’est pas totalement inconnue même si je préfère d’autre rythme. L’entraînement c’est comme tout, il faut passer par des bas pour arrivée jusqu’en haut.
Patience, et persévérance seront, je pense, de bons amis durant ces prochains mois.
Avec ce moi de janvier, les premières dates de cross apparaissent sur le planning, qui prend forme. Les grandes lignes de ce dernier seront tracées lors d’un mini-stage de réunion fédérale, fin janvier, à Montpellier. Equipe de France A, et A’, mode de sélection au championnat du monde, et encore plein de précision importante. Toute la nouvelle équipe (athlètes, entraîneurs, cadres, etc...) se retrouvera pour dresser un bilan de l'Olympiade passée, ainsi que pour ériger la muraille qui nous mènera jusqu'a Pékin...
Un nouveau roman de 4 volumes commence… que ce premier tome de 365 pages vous apporte à tous bonheur et joie de vivre. Bonne et heureuse année 2005.
A+ Fred



 

Janvier 2005 - Et c’est reparti pour un tour !

Le franchissement de la ligne d’arrivée, lors de la coupe du monde de Madrid, annonçait une longue et nécessaire période de repos. Presque deux mois sans pression, sans souffrance musculaire, et sans la pesé du matin… C’était bon, même si finalement pas si calme que ça.
Maintenant la coupure est passée, parlons un peu de cette fameuse reprise. Plusieurs jours de méditation pour décider quant est ce qu’il faut s’y remettre exactement, et lorsque enfin la date est trouvée on se demande par quoi, comment, et à quelle intensité effectuer les premières séances. On découvre alors des appuis fuyant (en natation), un manque de souffle et de sensation, le mal aux fesses en vélo, et les courbatures qui s’accumulent. On en est tous là, pas d’inquiétude, le niveau quitté en fin de saison dernière est encore en nous. Il va juste falloir creuser un peu.
Pour ma part, j’évolue au « feeling » pour l’instant, avec une séance de natation par jour, ainsi que de temps en temps un footing, un peu de gainage, et du vélo sur parcours relativement plat. Le froid ne m’empêche pas vraiment de reprendre le vélo, au contraire, l’hiver fait fuir les touristes mais le soleil est encore bien présent dans le sud. En plus, avec 4kg supplémentaires qu’à la période de compétition, je me sens un peu plus résistant. Ils seront d’ailleurs entretenus avec le retour aux sources des fêtes, les longs repas coutumiers en famille, et les fondus en tout genre à la montagne, entre potes, pendant la dernière semaine de « lâchage ».
Mais les montagnes ont plusieurs versant. A partir du 5 janvier, la notion de sport de glisse extrême va changer complètement de sens. La planche de snow board, une fois sa semaine annuelle d’utilisation effectuer, va laisser la place aux ski de fond. Les orgies de repas savoyards cèderont leurs calories à celles d’une alimentation seine et équilibré, et les séances de musculation et de natation en pleine aire boucleront cette emploi du temps bien chargé… en globule rouge !
C’est là que la reprise sera vraiment effectuée, et officialisée. L’intensité va alors augmenter assez instantanément, et durée jusqu’aux premières courses, où la pression sera un paramètre important à gérer cette année. Une nouvelle Olympiade débute, avec de nouveau espoirs personnels, mais aussi de nouveaux adversaires, critères de qualification, et points de vue.
Quand je repense à l’année 2001, c'est-à-dire l’année post Olympique de Sydney, je constate que beaucoup de chemin a été parcouru, et que la route vers les Jeux est très longue. Il va falloir une fois de plus vivre cette croisade de 4 ans, sans orgueil et sans précipitation, ni dispersement.
Mais aussi dure soit-elle, j’ai hâte que cette nouvelle aventure commence. Je me sens presque désoeuvré, il manque ce petit piment ardent et quotidien, cette combativité passionnelle qui me sort du lit tous les matins! Je sais que j’ai franchi un cap en 2004, quand je repense à mes débuts, je croyais qu’une participation au J. O. me ferait ensuite changer de passion. Comme si j’aurais tout vu ici et que j’aurais voulu autre chose. Mais en réalité cette passion a, au contraire, tellement grandi, que j’en ressors encore plus motivé qu’en 2001, et que jamais d’ailleurs. Rassasié, saturé, arrêté? Jamais !

 

Décembre 2004 - Une petite histoire

Tout commença un premier janvier 2004, par un stage de reprise d'entraînement autant paisible que rafraîchissant, à l'Alpes d'Huez. Mais à l'altitude s'enchaîna très rapidement, une petite blessure, donc une autre petite coupure, puis un autre stage Prépa Olympique à Lanzarote de 2 semaines, puis un championnat d'Europe, du Monde, une victoire au Grand Prix de Montpellier en individuel, une équipe Olympique définie dans sa totalité, et un stage Olympique à Hagetmau enchaîné d'un autre à Athènes pour reconnaissance. Enfin retour en France, avec un vélo cassé, mais aussitôt remplacé. Là on souffle un peu. Une semaine, et c'est reparti, une victoire par équipe au Grand prix de Saint Jean de Mont, enchaîné avec un stage Olympique à Digne, puis avec une première place au Triathlon sans drafting du Puy-en-Vellay. Semaine suivante un titre de champion de France, et aussitôt départ pour l'Alpes d'Huez où je reste 3 semaines. C'est un passage de ma vie que je n'oublierai jamais, par la dose et la qualité du travail effectué, aux seins du groupe d'entraînement "Patrick Dréano". Il y eu en milieu de stage ma première expérience en tant que spectateur au Tour de France. Je pars de l'Alpes le 30 juillet directement pour Londres, où je terminerais 2ème au sprint avec Bevan Docherty. 4000 participant, des vagues de triathlètes toutes les 30min pendant 2 jours, c'est le plus grand triathlon du monde. Les gens descendent du métro en vélo avec les chaussures dans la main prêt pour la course. Ensuite après 2 jours de repos chez moi je refais mon sac pour Hagetmau, stage Olympique de 10 jours mais avec mon entraîneur perso cette fois. J'enchaîne avec le fameux départ pour Athènes le 20 Août. Là-bas, c'était en un mot, LE moment tant attendu. Une semaine étrange mêlée de joie, de tension, de magie. Puis la course, les 2 heures les plus dure de toute ma vie, les plus inoubliables, et les plus émouvantes. Et voilà c'est fini, l'objectif est passé... mais pas la saison. Une ou deux soirées de "ouf". Et on se remotive pour le FIT, La Baule (1 victoire), Sartrouville, et Madrid (premier podium et victoire en coupe du monde). Là c'est vraiment fini. Coupure, petite fête, remerciement, communication. Ce moi passa encore plus vite qu’une course, je repars alors pour les Îles afin de faire un triathlon qui servira aussi à faire découvrir et aimer ce sport à des jeunes. La Réunion, la Martinique, La Guadeloupe. Que de bon souvenir inoubliable. Un accueil hors de toute attente, ainsi qu'une joie de vivre communicative, pure et seine. La nourriture pimentée, les paysages tropicaux, le climat chaud et humide. Mais maintenant fini les vacances j'ai déjà bien repris la natation, le vélo, et un peu la course à pied. Une dernière petite escapade en snow-board pour les fêtes, et déjà les championnats du monde 2005 pointeront à l'horizon.

Cette année sans répits risque de rendre les prochaines un peu "plate", en terme de pression, de résultat sportif, de destination, et d'excitation. Mais en réalité, ce que je retiens le plus de cette année ce n'est pas tout ce blabla un peu égocentrique, mais plutôt toutes les leçons de vie qu'une telle expérience, que tant de rencontres, et que tant de partages m'ont appris. Des partenaires matériels, des journalistes, des triathlètes du bout du monde (même de niveau régional), mes parents, mes amis proches mais loin de moi, des partenaires de club, de l’équipe de France, d’entraînement, mon entraîneur, ce sont des relations diverses, très fortes, très spéciales qui ne font que s’enrichir au fil du temps et des évènements. Ils sont tous toujours là. Le sport (et encore plus les Jeux Olympiques) génère un enthousiasme collectif, mais également bien d'autres facettes du caractère de certaines personnes. Je suis très heureux d'avoir vécu ça, et de vivre, tout court, ce que je vie depuis que je me suis lancé dans le sport de haut niveaux. C'est la meilleure école de la vie...

 

Novembre 2005 - Repos ? Connaît pas !

Après l’effort, encore et encore l’effort. Toujours un but pour ne pas que la tension ne se relâche d’un seul coup. Mais l’objectif est maintenant différent.
Le grand public, les médias, et les partenaires s’intéressent apparemment de plus en plus à notre sport « autant magnifique qu’éprouvant ». Les bases sont là pour faire du triathlon, un sport reconnu et aimé de tous. En un mot « grandir », mais sainement avant tout.
Qui n’a jamais fait un footing même de 10min, le vélo est un moyen de locomotion utilisé par beaucoup même sans roulette, et la natation sert de thérapie à beaucoup de blessure ou pathologie. Même si pour beaucoup la notion d’élite, de compétition, de sport « médiatique » est parfois sans intérêt, on est tous plus ou moins triathlète. Fini cette image de bourrin matcho ou de ver de terre passant une ligne d’arrivée.
Avec l’aide de la fédération, plusieurs actions de communications ont été mises en place, sans oublier le direct sur France 3 du France Iron Tour qui par son audimat fut un grand succès. En Bretagne dans les écoles, et maisons de jeunes nous avons organisé des mini courses, répondu aux questions (rêve olympique, études, entraînements, argent, dopage, etc…), encouragé les enfants, passé une vidéo sur la course des Jeux Olympiques, animé une sorte de soirée débat sur le sport de haut niveau en compagnie de médaillé olympique, ancien où récent (c’est aussi pour moi une occasion d’apprendre à gérer tout ce mouvement médiatique que suscite les Jeux). Il y eu ensuite le dernier triatlhon de Nice version française, puis la soirée du Stade de France animé par Gérard Holtz qui nous nomma ambassadeur de "Paris 2012", sans oublier la coupe de France(*), le Roc d'Azur, des séances photos et autographe, les félicitations de Mr Gallois de la SNCF, les récompenses de la Française des jeux en collaboration avec le CNOSF, puis le triathlon de la Réunion (je ne vous en dit pas plus à ce sujet, voir le reportage dans le magasine), le X-free de St Raphaël, et le projet avec les écoles de Montpellier grâce aux échanges de mail, bref un emploi du temps de ministre pour toute l’équipe de France Olympique.
Un exemple : une matinée, une classe de CM1, une petite coursette entre la piscine et le parc d’à côté, des rires, des essoufflements, et le réel plaisir de voir un maximum de main se levé quand on pose la question « alors qui est-ce qui veut faire un triatlhon cette année ? ».
De plus, la télé devrait l’année prochaine, assurer le passage de quelques courses sur une chaîne nationale, histoire de garder un minimum de suivi entre chaque olympiade, ainsi que le F.I.T. qui va enfin être reconnu à sa juste valeur...
L’enchaînement de 3 disciplines sans pause est un principe unique et propre au triathlon. Nous avons essayé de le faire découvrir au maximum de personne possible.
(*) = Je tiens à préciser, au cas où, que nous n'avons quasiment pas perdu de temps et que nous estimons à sa juste valeur cette compétition tout comme ses vainqueurs. Nous nous sommes bien battus malgré cette fantaisie, et avons fait du mieux que nous pouvions. 4ème à 3 partants c'est honnête...

La « planète triathlon » concerne les deux sexes, plusieurs fuseaux horaires et couleurs de peaux, différentes motivations, une multitude d’objectifs, tout age, et une palette de niveaux très large. Nous faisons aussi en sorte que dans aucun domaine sa couche d’ozone ne soit menacée par la pollution... du sport.


 

Ocotbre 2004

On commence à sentir la fin de cette saison bien rempli. La rubrique du moi d'Octobre ne peut se faire sans retracé les moments fort qui ont eu lieux ce dernier moi.
France Iron Tour:
L'enchainement de la course, du voyage, du marathons médiatique, et de l'émotions des Jeux Olympiques (descendu de l'avion lundi soir, départ pour Besançon le mardi matin) fut assez dure physiquement, étant donnée aussi la difficulté de la course d'Athènes par elle-même. La 2ème place par équipe est très satisfesante, un grand bravo à Cécric pour sa victoire en individuel sur ce FIT mené de main de maitre de bout en bout. Le club de Sartrouville peu être satisfait de cette fabuleuse année 2004, réalisé par l'ensemble de l'équipe, plus motivé et soudé que jamais.
La Baule:
Mémorable victoire doublé avec celle de 2003 pour moi, débouchant sur une très belle place de 2ème par équipe au classement générale du grand prix.
Ce triathlon reste mytique, par la présence d’un publique fidèle et déchainé. Quelle ambiance sur l'ensemble du week-end!
Sartrouville:
Après un véritable chemin de croix, je rentre sur mes terres en compagnie de l'équipe de Sartrouville Triathlon. Nous somme venue partager, en chair et en os, toute les émotions ressentis au long de cette saison, avec un publique Sartrouvillois qui nous suit assidûment depuis plusieurs années.
Le résultat final de cette course importe peu mais je tenais malgrès tout à donner le maximum avant de prendre quelques jours de repos en région parisienne. 2ème derrière un Cédric Déanaz vraiment costaud.
Le parcours sélectif, le publique de plus en plus nombreux sur les trottoirs chaque année, et la présence de Monsieurs le Maire ont rendu cette journée très festive et amicale dans une ambiance sportive très animé par moment, et très argéable de bout en bout.
Maintenant, je suis déjà de retour de Madrid à plus 7000m d’altitude. La boucle est bouclé, une victoire en coupe du monde pour un premier podium tant attendu. Echappé en vélo au côté de Stephane Poulat dans un groupe de 11 athlètes (dont 5 « tir au flan »). Belle cohésion entre les Espagnols et les Français de ce groupe, sans oublier le Russe, Vassilief. Je n’en revient pas d’avoir pu courir ensuite, aussi vite, en n’ayant fait que de « l’entretien » à l’entraînement depuis Athènes. J’ai gardé quelques reste du travail hivernal (de Janvier à Aout) qui était tellement optimal, sérieux, et calculé. L’enchaînement des courses à fait le reste.
Un dernier petit mot sur cet après-Jeux :
Lors de cette magnifique course d'Athènes toute l'émotion, la souffrance, la joie, et le dépassement des limites physiques et mentales que j'ai ressenti ont apparemment traversé l'écran.
D'après les messages que je reçois, ils ont atteint un nombre impressionnant de triathlètes, de sportif, et même de non-sportif désireux de se mettre à la pratique de notre sport tellement les images et les sensations étaient fortes. La prestation de l'ensemble de l'équipe de France y est pour beaucoup, 3 français dans les quinzes signifiait aussi une médaille d'or par équipe.
J'ai reçu énormément de messages, mail, sms, courrier, etc... sans jamais être lassé de les lire.
Vous m'avez largement rendu ce que l'on a vécu, ressenti et partagé ensemble lors de ce fameux jeudi 26 Aout 2004.
Je suis sincèrement touché par toutes ces manifestations, d'amis proches, de ma famille, d'anciennes connaissances, ou même de personnes que je connaissais pas.
Quoi dire d'autre qu'un merci simple, certe, mais aussi banale que sincère et immense.
C'est aussi en pensant à tout ce monde, et en entendant tous les encouragements des nombreux français présents à Athènes que je me suis surpassé.
Cette 5ème place est très encourageante pour la suite, pourquoi pas pour Pékin? Mais d'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts, et une qualif aux JO reste toujours difficile quoi qu'il arrive. De plus, je ne veux pas, cette fois, tirer un trait sur cette aventure, mais belle et bien en profiter un maximum.
Elle restera un souvenir impérissable par sa difficulté (relief en vélo, chaleur, échappée à 6 en vélo, plateau d'athlètes impressionnant) et aussi biensûr par son résultat.
Le double objectif est "rempli", c'est à dire une place satisfaisante, ainsi que la promotion générale du triathlon en France et dans le monde, grâce à la qualité des images retransmises, ainsi qu’au rêve, et à l'émotion qu'elles ont engendrés.
Encore merci, décidément quel pied ce sport!

 

Aout 2004 - « Rien ne sert de partir à point,…il faut courir ! »

C’est le corps refroidi et le cœur chaud que je vous écris aujourd’hui.
En effet le temps n’évolue pas réellement depuis quelques jours. On va se cailler à 2000m d’altitude. Je pars dès mardi pour l’Alpes d’Huez en stage avec P Dréano, ainsi que tout son groupe d’entraînement composé de Carl Blasco, Olivier Marceau, Stéphane Valenti, Cyril Neuveu et Gilles Reboul. Et oui, que du beau monde, pour des objectifs divers et variés mais tout autant relevés et dignes de ce nom (Cht d’Europe de Duathlon, Hawaï, Embrun, Jeux Olympique). Que des athlètes avec un esprit noble, une mentalité généreuse malgré l’entraînement individuel du triathlon, et une motivation énorme qui fera de ce stage un réel bonheur. Enfin, bonheur mais un peu dans la douleur quand même !
Les championnats de France sont l’explication de ce « cœur chaud » du début de ce récit. A Charleville Mézières cette semaine, les nuages se sont vidés sans arrêt jusqu’au samedi. Heureusement une petit éclairci permit à toutes les courses de la journée de se dérouler au sec. Néanmoins le froid a persisté, avec en plus une natation sans combi dans une eau qui devait être à la limite de la limite de la température réglementaire. Echauffement à sec de rigueur !
Ensuite un départ moyen mais qui me permet de me placer tout de suite à la fin d’un petit groupe de 5 bons nageurs. L’écart se fait d’ailleurs petit à petit, en laissant un autre petit groupe à plus de 30’’. Je sors 2ème de l’eau, et du parc à vélo après le change. Tout le monde tremble plus ou moins sur les premiers km de plat qui précèdent la bosse. Cette première montée à bloc sera d’ailleurs fatale à 2 triatlhètes de cette échappée. Le sang commence à repasser dans mes veines, mais l’effort « à froid » de cette première ascension du parcours (4 tours dont une bosse de 2km plutôt raide) laisse de grosse séquelle musculaire. Ces dernières se liant rapidement aux courbatures des entraînements intensifs de ces derniers mois me font sauter, à mon tour de cette échappée, lors de la bosse du 2ème tour. 10km plutard, dans cette même bosse, mais avec un tour de plus, une formation de 10 avions de chasse me rejoint. Je roulerai avec eu pendant les 15 derniers km. Transition calme mais assez rapide, puis départ à pied tout aussi calculé et récupérateur, en fonction des efforts fournis en vélo et de la difficulté du parcours course à pied qu’il reste à accomplir. Au 5ème km, on m’annonce avec encore 30’’ de retard, la gestion laisse place à la rage d’aller chercher cette première place. Le publique me porte et je n’ai plus rien à perdre… c’est parti ! Je me rapproche doucement, il reste 2,5km (un tour) et je vois la victoire devant moi dans une tenue rouge qui commence à faiblir. 18 sec, 15, 12, 6, 3, 2, 1, contact !!! Un petit geste amical, et je passe en essayant de maintenir le rythme. Quelle course à pied de folie après avoir tant souffert en vélo, je n’en reviens pas moi-même. Quel suspens ! Ce fut une course autant excitante qu’exaltante.
Cela prouve que le chemin que j’arpente en compagnie de mon entraîneur à St Raphaël est le bon. C’est très encourageant, et motivant de savoir que tous ces efforts longs et intenses sont payants. Je ne vais pas m’éloigner de ce chemin de si tôt. Il n’y plus qu’un moi et demi, avant le grand saut. Je tiens à dire un sincère merci à tout ce publique déchaîné. Malgré le relief, je me suis senti pousser des ailes… je vais essayer de ne pas les cramer avant les Jeux. Encore un franc merci à tous, et à très bientôt.

 

Juillet 2004 - Athènes à J-60

Le stage à Hagetmau fut très agréable car il nous a permit de faire le point après les championnats du monde sur l’établissement de la dernière Sélection Olympique. On y a aussi rencontré un athlète et son entraîneur qui avait participé à 3 Olympiades en kanöé-kayak. J’ai alors vraiment pris conscience de l’énormité de l’événement que représentait les Jeux Olympiques. Une véritable ville de 70 000 habitants présent dans une organisation bien huilé de bus, tramway, restaurants, structure d’entraînement, quadriller par pays puis par sports. Athlètes, journalistes, entraîneurs, staff médical, et cuisiniers, parqués dans des petits studios. Chacun dans un unique but « La performance du jour J». On a vu le plan du village Olympique, puis l’emplacement des bâtiments Français. Je me suis senti tout petit dans cette gigantesque fourmilière humaine. Sans oublier la chaleur (40°C) omniprésente dans chaque déplacement, entraînement, divertissement. C’est dément, il va falloir une check-list pour chaque activité pour savoir quoi prendre, à quelle heure précise, etc.…. Habillage avec tel tenue, puis rdv à tel endroit, tel heure, pour faire ça, enchaîné à tel endroit, grâce au bus numéro tant, de tel heure pour ça et ça, ensuite retour en chambre pour 17 minutes de repos ensuite…. etc.… C’est du millimétré, dans tous pour ne pas dépenser son énergie inutilement : chaleur, pollution, attente debout ou assis, dispersion psychologique en voyant telle star sportive, ou parce que d’autres athlètes qui logent à côté sont passé dans les premières épreuves et font la java toute la nuit, et vont voir toutes les autres épreuves la journée. Pour les repas idem, ainsi que pour les très nombreux journalistes qui seront partout pour effectuer des interview ou autre demande fatigante et perturbatrice. Enfin bref il faut arrivé concentré, calme, organisé et même près à tous les imprévus… Normal, il y a tellement d’occasion d’être perturbé et de perdre l’objectif de la ligne de mire. La course n’a lieux qu’un jour, et un seul. Les conditions sont tellement dures en plus que l’on ne doit se permettre le moindre stress inutile si vite déclenché par un petit grain de sable mal placé dans ces cas là. Nous seront dans un « univers » magique, ce qui sera très agréable et exceptionnel, mais hélas c’est la dernière chose dont ont est besoin pour se trouver dans une concentration, une détermination, une ténacité, une vigilance, et une forme « Olympique » ! Nous partirons donc seulement 3 jours avant la course car il n’y a pas beaucoup de décalage horaire à recaler.
Ont a l’habitude, ont est entraîné pour ça… mais cette ambiance sera pareil à aucune autre manifestation. Il y aura de multiples « épreuves » avant de pouvoir disputer celle pour laquelle nous somme venue : ce fameux triathlon.
Après Hagetmau, direction donc vers Athènes pour 4 jours, où nous avons reconnu le site et les parcours afin de se familiariser déjà avec le lieu de la course. Il se situe à Vouliagmeni, c’est à dire à 1h00 de bus du village Olympique. Il sera impossible de s’entraîner sur le site les jours précédents la course. Nous nous rendrons au parc à vélo juste avant le départ, après avoir effectué le dernier repas.
Le parc est encore en construction au moment ou je tape sur mon clavier, et ressemble plus à une plage de touristes qu’a une plateforme de béton aménagé. Les gradins seront à côté. Les autres installations sont finies pour le triathlon, mais c’est un peu normal car il n’y a que la route du bord de mer a utilisé. 5 tour en vélo sur un parcours très vallonné (un pétard de 2km avec des passages à 20%, 39-23 voir 39-25 par sécurité, puis une descente très abrupte et sèche, enchaîné sur un faux plat montant sur le bord de mer, demi-tour, et revient au pied la bosse après avoir traversé à chaque tour la plage transformé en route entre le parc à vélo et les gradins) Le parcours à pied est un léger faut plat montant sur le bord de mer sur une route en bitume très large. Les 3000 places dans les gradins coûtaient 30€ l’une, mais sont déjà toutes vendues depuis le 2 janviers (2jours après l’ouverture de la vente de toute place des épreuves Olympique). Et oui c’est le triathlon qui à été le plus rapide à vendre ses places, en devançant même les deux cérémonie d’ouverture et de clôture. On va finir par intéresser du monde si ça continu !!! D’ailleurs cela dépendra bien évidemment des résultats… Encore une petite pression supplémentaire concernant l’avenir de notre sport sur les épaules,… on est plus à ça près.
Je pars en stage pour l’Alpes d’Huez 3 semaines en Juillet avec le groupe de Patrick Dréano de Boulouris, puis de nouveau à Hagetmau dans les Landes avec l’équipe de France pour les préparatifs finaux, à bientôt.

 

Juin 2004 - Les Jeux sont fait ! Mais qui a lancé les dés ?

Ca y est je viens d’apprendre la nouvelle, je suis à la fois super content pour Carl et parce que je vais pouvoir me préparer avec lui. Mais à la fois déçu pour Cédric. J’aurais sincèrement aimé le voir qualifié, car c’est quelqu’un de très sympa, gentil, généreux, et surtout parce qu’il le mérite vraiment. Le problème c’est qu’il y a des règles et que au sein de cette ultime Préparation Olympique tout le monde méritait vraiment de participer aux Jeux.
Je n’aurai pas aimé être la place des sélectionneurs. Toute fois, d’après les textes, ils ont fait le juste choix.
J’explique en ce qui concerne les garçons. Il y a :
Une fédération, un Comité Olympique, une convention d’athlète de haut niveau, des règles, deux courses (plus une si besoin), c’est à dire deux championnat du monde 2003 et 2004, un critère de droit qualificatif et enfin trois place disponible au maximum. On mélange le tout, faire cuir une heure à feu vif, et à servir tiède.
Le critère de droit était de terminer dans les 12 premier à trois par pays (si il y a 4 Néo-zélandais dans les 12, alors on peut finir dans les 13). Je fais 8ème à Queenstown (cht du monde 2003), c’est bon, ça c’est fait.
Il reste 2 places (à condition que je marque assez de point sur les courses de début de saison 2004, car c’est sur moi que se compte le 3ème dossard. Seules les 9 nations ayant marqué le plus de points sur les 3 premier athlète se voit attribuer 3 dossard, sinon c’est 2 ou 1. Après Madeire la France est 8ème nation, donc 3 places. Ca c’est fait.
Ensuite aucun français ne termine dans les 12 donc analyse, d’après les textes, de 3 courses : Championnat du monde 2004, 2003 et Europe 2004, dans cet ordre d’importance.
Et voilà la fédération donne 3 nom au comité Olympique qui vérifie la bonne application des textes.
Et après on dit que les sportif n’ont rien dans la tête… Avant de participer aux Jeux, il faut déjà comprendre les critères de qualification!
Maintenant je vais partir dès fin Mai à Hagetmau, puis à Athènes en compagnie de tout ce petit monde. On se relâche mais pour se reconcentrer encore plus fort. La course des championnat du monde à malgré tout été un relâchement pour tout le monde (à part pour les sélectionneur). J’ai l’impression que je viens moi aussi d’apprendre que je suis qualifié. Savoir avec qui je vais courir, m’entraîner, me préparer, voyager, etc… est aussi un grand soulagement. L’ambiance au sein d’un groupe est également un facteur déterminant de la performance. Je croix que les conditions seront bonne pour moi. Mais cela ne fait pas tout, prochaine course de préparation le grand prix et les championnat de France. Ensuite dernier stage en altitude, pour faire le grand saut d’encore plus haut !

 

Mai 2005 - La bleu à zéro !... hééé hop !!!

Lors des derniers championnats d’Europe à Valence en Espagne, j’ai pu me rendre compte que la notion « d’équipe » dans le triathlon n’est pas à prendre à la légère. Elle est à la fois nécessaire, et très efficace mais aussi tabou, inéquitable, et immaîtrisable.
Quoi qu’il en soit, l’esprit d’équipe dans les sports individuels ça existe :

1- A l’entraînement il y a la notion de « groupe » ou de « camp », qui joue sur la motivation, le repos psychologique (grâce aux relais en natation ou en vélo), l’ambiance, l’échange (avant, après, pendant). Si un jour on est fatigué, on se laisse emmené par l’émulation que crée groupe. Le lendemain se sera sûrement les autres qui auront besoin de moi pour leur donner « l’envie ». Il ne s’agit pas de transformer chaque séances en course pour ce « flinguer », et arriver vider aux réelles compétitions. L’image du « lièvre » en athlétisme et de « viande » en judo est très évocatrice. A l’entraînement, leurs adversaires contribuent à la progression des meilleurs judokas du monde. Ils sont pourtant dans l’anonymat le plus total lors d’une victoire même olympique. Idem en ce qui concerne les lièvres des kenyans qui se succèdent devant leur leader lors de longues et rudes séances de fractionné. Sans oublier les coéquipiers cyclistes qui pourraient parfois « jouer la gagne » mais se dévoue pour leur numéro 1.
Pour ma part je partage mes séances avec le collectif du CREPS de Boulouris entraîné par Pierre Houseaux. Avec Patrick Dréano, ils me suivent depuis de nombreuses années. Ce groupe est constitué de triathlètes de tout age et tout niveau, d’entraîneurs d’exception, et de structures adaptées à la pratique du triathlon. Il évolue d’année en année depuis dix ans. Sans toute cet environnement et « stimulation », je n’en serais certainement pas là aujourd’hui. Je leur doit beaucoup, et je suis de tout cœur avec eux (ceux qui pratique encore ce sport) pour leur futur saison dans les quelles certains perceront, et d’autre non. En tout cas tout le monde à besoin de tout le monde, et ce n’est pas une tare d’avoir un esprit d’équipe dans un sport aussi individuel que le triathlon.

2- En compétition, l’idée du groupe est complètement différente. Un amis ne se transforme pas en ennemis mais une tactique d’équipe est souvent délicate à évoquer, élaborer, mettre en place, et mettre en application une fois en situation. L’équipe de en a souvent fait les frais. Dans le feu de l’action on est souvent tenté de saisir une chance qui se présente à nous. Sans prétention le niveau natation des français domine largement sur les coupes du monde, mais de la présence de français très bon coureur a pied et moins bon nageur, découle une poursuite national.
Comment peut ont demander à un athlète de se freiner, de stopper son effort et sa soif de se surpasser, dans l’unique but de préserver les chances de performance d’un autre athlète (juste parce que son maillot est de la même couleur). Est-ce que ce dernier lèvera les bras en passant la ligne à la 30ème place sachant que son acolyte a fait un podium. Ce sera plutôt un truc genre : « tu feras mieux la prochaine fois ». Un titre reste en mémoire, le déroulement un peu moins. Pourtant si il ne s’était pas sacrifié, son copain n’aurait sûrement pas autant brillé. Il faut trouvé le juste milieux, sinon vive les débriefing !
Heureusement les clubs sur les grand prix permettent aux triathlètes de tester leur esprit d’équipe. Il n’y a aucun enjeu individuel en parallèle à celui de remporter par équipe. Peu importe qui classe cette dernière. On peut sacrifié un athlète (même si il est potentiellement le meilleurs) pour favorisé la victoire de l’équipe entière.
C’est aussi ça, l’ouverture d’esprit du triathlon…

Les Championnats d’Europe étaient la première course de l’année. Après une reprise d’entraînement difficile et tardive mi-février, mon état ne me permettait pas de viser les places d’honneur. J’aurais pu aussi passer complètement à travers, alors finalement je reprends confiance. Le moral revient, la grande forme n’est si loin que ça… Heureusement d’ailleurs, il ne reste plus que cent jours avant le jour J.



 

Avril 2005 - On rentre dans le vif du sujet… !

Nous sommes en Mars, il reste 5 mois jusqu’aux Jeux Olympique d’Athènes. Une préparation exceptionnelle commence. Cette période est spéciale car les Jeux sont extraordinaire, la pression unique, l’objectif exceptionnel, les conditions de course imprévisibles, et le parcours à un relief plus dure qu’aucun autre… Les entraînement se feront dans des conditions différentes durant les quelles mon groupe d’entraînement sera autre également, la quantité de jour de stage prévu est énorme.
Tel un Neil Armstrong, je m’apprête après des années de conditionnement à poser mon pied sur un sol magique, riche et vierge de mon expérience.
Cette aventure nouvelle commence dès aujourd’hui.

Tout d’abord, j’attaque par un stage PO, en compagnie de l’équipe de France, donc d’athlètes encore en course pour la qualification. Nous sommes cinq garçons et deux filles, de ce fait quasiment chaque entraînement, au départ individualisé, se module pour finir en groupe. On est quand même loin des anciens qui s’entraînaient dans leur coin, afin de cacher leur préparation.
Ma situation est délicate mais l’ambiance reste assez détendu et surtout concentré sur l’entraînement qui se déroule dans un cycle de foncier. Le vent souffle très fort et les sorties vélo nous obligent à nous organiser en lignes et à tourner pour prendre des relais. Cela renforcent les liens. Les descentes sont parfois plus dur que les monters à cause du vent. On entend parfois quelques « pétage de plomb » oral ou injure face à ce mur transparent exaspérant. Pour ma part, mon vélo est arrivé avec 4 jours de retard, et la première sortie fut fracassante. A la joie de recevoir enfin mon vélo, s’est mêlé la découverte de paysage volcanique, de véritable champ de lave à perte de vue et de chaque côté de la route. Un village de maison blanche se laisse apercevoir au loin de temps en temps. Mais j’ai aussi découvert la difficulté du dénivelé. On attaque direct la bosse la plus dure de l’île. Les cols en lignes droite, ça existe là-bas. Imaginez la monté de l’Alpes d’Huez sans virage, quel gâchis ! Mais le soleil est aussi de la partie heureusement et nous rend les séances natation plus agréables, dans un bassin découvert de 50m.
Chacun à ses petits secrets, convictions, séances de piste, blessures, forces et faiblesses. Personne ne veut trop se dévoiler mais montrer légèrement sa supériorité au contraire. Que ce soit sur des temps, des allures à l’entraînement, ou même par des taquineries lors de repas.
L’objectif est loin et la tension est supportable, mais si l’un de nous manque à l’appel lors d’un regroupement quel qu’il soit, il aura les oreilles qui vont siffler pendant un sacré moment. (rire)
Pouvoir faire vraiment confiance à quelqu’un est un gros atout dans de tel moment. Même si un ami athlète devient adversaire après le simple retentissement d’une corne de brume prêt d’un parc à vélo. C’est dure à dire mais la vie de sportif de haut niveau est jalonné d’amitié « à durée déterminé », voir même d’amitié « calculé ». Les sincères existent aussi biensûr et permettent de relâcher la pression et de ce confier.
A l’approche de chaque objectif, la proximité de l’échéance augmente plus au moins un stress qui change le comportement des gens.
Les championnat du monde et la qualif aux JO ont été parfois difficile à gérer durant ces 3 ans (2001, 2002, 2003) le groupe était composé d’une quinzaine de garçon au départ. Il y a eu dans le groupe beaucoup de départ, de déceptions, de résultats qui font peur, de prévisions, de grandes gueules, d’athlètes effacés et discrets, de conflits, de complicités, d’amitié courte ou longue, et surtout de moments de très forte émotion. Nous ne sommes plus que cinq, voir six pour Madeire mais le chemin est encore long, et les émotions nombreuses et puissantes. Je ne vous laisserais pas sur la touche…

 

Mars 2004 - Bon et maintenant ? ! ?

Les raisons qui nous poussent à agir sont diverses et nombreuses. Ca commence par un rêve, un défi, une envie, et voilà c’est parti. D’un objectif né une motivation qui sera le moteur de l’action, de l’entraînement, et des efforts qu’il va falloir fournir à tous les niveaux pour atteindre ce but. Mais après sa réalisation que faire ?
Mon esprit était occupé nuit et jour par ce but, fixé avec minutie, ou par folie. Aussi paradoxale que cela soit, je vais employer le mot “ hélas ”. En effet, la victoire sur moi-même, me fait passer du stress très intense tout proche de l’objectif, à une joie soudaine, mêlée de liberté. Hélas, presque instantanément survient une sensation de flottement instable et insaisissable. En d'autres termes ça fait : Prise de tête, préparation, pression, effort, joie, liberté,… et là… plus rien.
Mais une carrière sportive ne s’arrête pas en si bon chemin. Il est presque préférable de tirer un trait sur cette accomplissement comme s’il s’agissait d’une défaite. Seul un souvenir impérissable reste enfoui pour me faire sourire intérieurement, seul, ou aux éclats avec des amis. La fierté ne me motive pas, mais à petite dose m’auto-satisfait pour me mettre en confiance sur le chemin de la prochaine cible que je viserai avec entrain.
Il faut donc retrouver un objectif, car c’est le but qui nous fait avancer. Il fait office de carotte synonyme de motivation, de lutte, donc de vie. Si je n’ai pas l’impression de me battre contre ou pour quelque chose, j’ai le sentiment de ne “ servir à rien ”.
D’ailleurs cela est vérifiable dans le triathlon, mais aussi dans n’importe quel sport, ainsi que dans le monde du travail (Voir même en amour…).
J’ai choisi ce sujet en rapport à ma qualification aux J.O. : c’est à dire 3ans, environ 1000 jours, et je ne sais combien d’heures d’entraînement, ni de litres de sueur. Chaque séance plus dure l’une que l’autre. Et tout cela pour une seule chose, me qualifier aux Jeux Olympiques (cela aurait pu être : participer à mon premier triathlon sprint, finir Embrun ou encore faire augmenter le capital de mon entreprise). Maintenant c’est chose faite, et heureusement pour moi, un autre objectif faisait déjà la queue derrière celui des championnats du monde de Nouvelle Zélande. Il occupe déjà une bonne parti de mes pensées, qui croyaient être libérées après le 09 Décembre. Cette intention, vous l’avez compris, c’est celle de passer les meilleures vacances possible sous le soleil de la Grèce. J’ai déjà fait mon sac : masque, tuba, short, chemise, crème indice 40, lunettes de soleil, etc…
Mais en réalité, j’espère tout laisser là-bas pour ne revenir qu’avec un unique et magnifique collier, souvenir d’Athènes. Il paraît que celui en or vous transforme en Apollon…. de l’Olympe !

 

Février 2004 - On partage ?!

A l’aube de la «rentrée» sportive, j’aimerai parler d’un sujet qui pourrait nuire à la motivation où à l’entraînement lui-même, d’autant plus lorsque la reprise n’est pas toujours évidente. Ce mois de coupure (ou plus pour certains) est synonyme de « lâchage », de champagne, chocolat, loisir, famille, fête, et de soirée en amoureux au coin du feu, pour les plus chanceux.
Malgré tout, les fourmis dans les jambes commencent à se faire sentir, les baskets nous manquent, sans oublier le vélo qui rouille à vue d’œil. Mes préoccupations se divisent donc en deux. D’une part, l’amour que je porte à l’égard de ma famille ainsi qu’à mes proches et d’autre part le dévouement passionnel dont je fais preuve pour mon sport (duquel nous connaissons tous d’ailleurs, l’exigence tant au niveau psychologique que physiologique et à tous les niveaux de performance).
En effet, je fais donc allusion au problème de l’envie de nous consacrer à ceux qu’on aime, quand ce sport si solitaire, dans le quel on s’enferme parfois, nous enlève de notre environnement affectif… Mais ce n’est pas tout, bien au contraire, car de la réciprocité de ces sentiments, découle la jalousie ou même de la pseudo-compréhension des personnes qui nous entourent, qui nous aiment également, qui nous soutiennent et nous encouragent, mais aussi qui désireraient nous voir plus souvent…
En d’autres termes, notre passion est pour nos femmes, maris, enfants, parents et amis une kidnappeuse sans pitié, voir même une maîtresse avec la quelle le temps s’arrête, nos ailes se déploient pour nous laisser respirer enfin, s’envoler, s’évader, vivre.
Peut être que beaucoup, s’entraînant entre pottes ou même en famille, ne se sentirons pas concerné par ces propos, mais qui n’a jamais entendu : «t’as encore une compète ce week-end!», ou «Tu vas encore passé 3 heures sur ton vélo!?», et enfin la palme : «Et nous alors, tu pourrais faire un effort!». Il n’est pas toujours facile de choisir et de satisfaire tout le monde. Non, nous ne somme pas des «lâcheur» sans coeur pour autant. Au contraire, nos petits cœurs fragiles ont besoin de soutien, d’affection et de support morale. C’est d’ailleurs ce qu’il manque, je pense, a beaucoup qui tentent d’atteindre le haut-niveau…
Pour conclure, laissez moi vous dire quelque chose à propos du triathlon… Ce n’est pas juste un sport, c’est une sensation… Si vous la percevez, vous pouvez la comprendre. Ces 3 disciplines couplées en une, c’est la liberté. La liberté d’être ce que vous voulez être, peu importe votre niveau, peu importe vos objectifs, dans ce sport tout le monde s’évade, c’est ça l’esprit du triathlon!
Je me bas, je repousse mes limites, je cherche à atteindre les objectifs que je me suis fixés, et au delà parfois même de l’effort, c’est ce but au bout du chemin qui me permet de m’évader loin de la vie monotone qui continue autour de moi. Ce monde de contrainte, d’autorité, de peur, de responsabilité. Pour ma part, il est vrai que parfois, la vie d’où je m’évade est étroitement liée à celle vers laquelle je m’envole. Mais ces deux sensations sont complètements différentes, il faut tout de même faire la distinction très nette entre le besoin de respirer et l’envie de battre des ailes pour monter plus haut encore.
Ce n’est peut être pas facile de trouver un but, mais encore faut-il chercher, et surtout ne pas baisser les bras au premier obstacle.

Voilà, après une reprise brutale par un stage en altitude à l’Alpes d’Huez, suivi d’un autre à Antibes en compagnie de la Préparation Olympique, je dédis ces quelques mots à mes amis, ma famille, ainsi que ma copine, si elle ne m’a pas quitté d’ici là!!! Rire