les Valeurs du Sport

Solitaire et solidaire. Il est parfois déstabilisant de se retrouver seul au départ d’une course, puis dans l’effort. Le résultat repose sur notre gestion personnelle, et notre forme psychique et physique individuelle. Chacun a ses armes, ses secrets, ses tactiques, et il n’y a qu’une seul place en haut du podium. Tout est là pour nous opposer aux autres concurrents. Mais le triathlon, sport individuel, implique une victoire sur ses adversaires, et non sur soi-même (différent de l’effort lors de l’entraînement). La gagne ne s’obtient donc pas de manière solitaire. En effet, l’adversaire est malgré tout un élément indispensable à la course. De cette dépendance, nées certaines notions tel que le respect, le fair-play, l’entente d’un groupe d’échappée, la tactique de course, et encore bien d’autres émotions indescriptibles partagées par les athlètes pendant les courses. Quel magnifique spectacle que de voir deux adversaires qui se tombent dans les bras. Ils se félicitent en fin de course, après un sprint les ayant obliger à aller jusqu’au bout d’eux même.
Notre sport nous lie donc tous les uns aux autres, tout en nous opposant. Avec l’arrivée des tactiques de clubs sur les Grand Prix et autres courses d’équipe, cette notion a réellement pris toute sa valeur, et son importance. Qu’y-a-t’il de plus subtile, de plus coalisant, et de plus magique que l’esprit d’équipe dans un sport individuel comme le triathlon. Cette alchimie crée des liens très forts et finalement indescriptibles.
En ce qui me concerne, j’aimerai vous parler de mon club, et de certains athlètes que je côtoie plus souvent que d’autre, durant ces périodes de compétitions. Vous allez vite les reconnaître, ils sont notamment devenus mes indispensables coéquipiers lors de notre victoire par équipe à la Coupe de France des Clubs chez les hommes. En ce milieu de saison, j’ai parcouru le monde entier au côté de Cédric F.. Il est un jour un ami, le lendemain mon pire adversaire, et la semaine suivante un athlète pour qui je me sacrifierais volontiers au cours d’une course « club ». Seb N., Guillaume D., et Francky B. complètent cette formidable équipe. Nous parcourons les chemins triathlètiques parfois simples, parfois difficiles et douloureux, en ce serrant les coudes quoi qu’il arrive. Nous ne faisons qu’un, lors de cette quête d’un titre nationale (Championnat et Coupe de France des clubs). Il faut pour chaque team établir une tactique et un esprit d’équipe, obligeant certains à ne courir qu’au service des autres. Il faut définir plusieurs scénarios en fonction du déroulement de la course, et surtout de l’état de forme, et des spécialité de chacun. Aujourd’hui on peut voir des athlètes sacrifier une victoire ou une course individuelle pour la victoire collective. On mange ensemble, on dors ensemble, s’échauffe, prépare son matériels, cours, récupère, faisons la fête ou somme déçu ensemble. On se surveille mutuellement pendant la course (à l’intérieur du même peloton ou en se croisant sur le parcours) afin de veiller à ce que chaque coéquipier soit bien placé, et prêt à réagir.
Cette sensation de partage et de soutiens est un peu nouvelle et très agréable. Ce triathlon « moderne » a fait réellement son apparition en 2000, avec la disparition du classement individuel, et des primes qui y étaient rattachées. Le classement par équipe existait déjà, mais passait en second plan dans la tête de tous les triathlètes. La meilleure équipe n’était autre que celle qui disposait des meilleures individualités. L’esprit d’équipe prend de l’ampleur dans le triathlon. Le changement a été progressif, et est assez amusant en terme de cohésion. La tendance est la bonne ambiance, même si les victoires ne sont plus que pour la gloire.
Avec l’apparition de la deuxième division, la notion de camaraderie est une nouvelle corde à l’arc du triathlon, qui pourrait séduire encore bon nombre de futurs pratiquants…