le Dopage

Le dopage. Voilà un sujet dont je n’aime pas trop parler en général. Pas parce que je suis mal à l’aise, mais parce que j’ai toujours peur de passer pour un donneur de leçons. Je pense que les discussions à se sujets sont sans fin, et ne font finalement pas avancer les choses. Mais la succession récente de contrôles positifs (Zack, Landis, Gatlin) ainsi que l’affaire Fuentès en Espagne m’a incité à sortir de ma réserve.
Déjà, même si c’est regrettable pour l’image des sports concernés, je trouve que c’est une bonne chose quand des gros poissons sont pris dans les filets. Cela prouve qu’aujourd’hui on ne protège plus les meilleurs. Je suis conscient que ce n’est sans doute pas le cas pour toutes les disciplines. Certains sports grand spectacle comme le football ou le basket NBA ne font pas autant d’effort pour dépister d’éventuels cas de dopage. C’est regrettable, mais c’est comme ça.
Quoi qu’il en soit, ceux qui sont pris la main dans le sac doivent être sévèrement punis. Pour ma part, je trouve que deux ans de suspension, ce n’est pas assez. Je suis pour une suspension à vie. Mais comment punir sérieusement lorsque l’on n’est pas sûr du jugement. Les cas de contrôles positifs débouchent trop souvent sur un vice de forme ou une excuse (ordonnance, et traitement contre blessure ou maladie, etc…) qui sauvent le sportif. On ne sait plus que croire. De plus, Les contrôles sont soit insuffisant en nombre car ils coûtent cher, soit avec un temps de retard sur certains produits encore indétectables.
Depuis l’arrivée des contrôles a posteriori, j’ai l’impression que l’étau se resserre malgré tout autour des tricheurs. Je suis vraiment partisan de cette méthode même si j’ai l’impression que l’athlète est un peu « pris en traître ». Car en fin de compte, ce procédé est sûr et il devient le seul moyen pour la science de se mettre à jour. Finalement qui est le vrai traitre dans l’histoire ?... Certains hésiteront peut-être désormais à prendre des produits par crainte d’être piégés quelques années plus tard.
En tout cas, je suis formellement opposé à ceux qui préconisent d’autoriser le dopage sous contrôle médical. Pour eux, tout le monde alors serait sur le même pied d’égalité. Je pense que ce n’est pas vrai car une nouvelle fois les plus riches ou les plus puissants se procureraient les meilleurs ou les nouveaux produits avant les autres. Et surtout, pour ma part je ne troquerai jamais ma santé contre une médaille d’or.
Niveau contrôle perso cette année, j’ai déjà été contrôlé quatre fois (Grand Prix, France, Europe, Coupe du Monde). De plus, comme la plupart des athlètes membres de l’équipe de France Olympique, je réponds tous les 3 mois au questionnaire que m’envoie l’AMA et qui me demande notamment d’indiquer les endroits où je vais me trouver durant cette période, pour un éventuel contrôle surprise. Je fais régulièrement des suivis longitudinaux. En France, on les surveille bien. Par exemple, en athlétisme, la nouvelle recordwoman de France du 1 500 m n’a pas été autorisée à participer aux championnats d’Europe en raison d’anomalies au niveau de son suivi.
Pour finir, il y a aussi beaucoup de choses à améliorer. Il y a trop d’athlètes autorisés à prendre des substances interdites grâce à des prescriptions médicales. À mon avis, il faudrait faire plus sérieusement le tri entre ceux qui en ont vraiment besoin et les autres. Quoi qu’il en soit, les choses vont dans le bon sens et ça c’est l’essentiel. Grâce à son affaire, Landis m’aura au moins évité de commettre une erreur avant les championnats du monde de Lausanne : je ne boirai pas « 4 whiskies et deux bières » la veille de la course…