Pékin 2008



 

Ci-dessous, un clip de démonstration pouvant expliquer ce qu'est LE TRIATHLON DISTANCE OLYMPIQUE, et ceci grace aux extraits du parcours des J.O. 2008 (lors de la Coupe du Monde de Pékin 2006)
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LA LETTRE OLYMPIQUE de Janvier 2007


Le parcours du triathlon olympique avec Frédéric Belaubre

Un grand barrage dans le nord de l’agglomération pékinoise, à 1h de voiture du centre-ville, doté d’un gigantesque réservoir d’eau répondant au nom de "réservoir des tombeaux impériaux de Ming" , car proche d’un site funéraire de la dynastie impériale (XIVe-XVIIe siècles), a été choisi comme site des épreuves de triathlon des Jeux 2008. Une compétition préolympique comptant pour la Coupe du Monde y a été organisée le 24 septembre dernier et c’est Frédéric Belaubre qui l’a emporté. Le champion français raconte…

«Le sport n'est pas une science exacte. Il ne suffit pas d'appliquer la formule, il faut parfois se battre pour obtenir ce que l'on veut vraiment...» dit Frédéric Belaubre qui a suivi cette ligne en 2006 pour devenir Champion d’Europe à Autun (France), médaillé de bronze mondial à Lausanne (Suisse) et vainqueur de l’épreuve préolympique de Coupe du Monde de Beijing.
Le N°1 du triathlon français a donc découvert de la meilleure façon qui soit le site où il compte bien briller à nouveau dans moins de deux ans, et raconte cette expérience couronnée de succès.

«Le décalage horaire dessinait sous nos petits yeux des valises de plus en plus remplies au fil des jours. La première nuit convenable depuis notre arrivée fut celle d'avant course. Un bol de riz, une petite sieste, et c'était parti, départ de la course hommes à 12h30. Tout était réglé au millimètre» explique-t-il. «L’organisation fut irréprochable, avant, pendant et après la course. La délégation française était nombreuse, avec quelques chercheurs de l'INSEP présents pour étudier la course dans ses moindres détails, temps de passage à tous les km en course à pied, écart, pouls, puissance, cadence, et tactique en vélo. L'objectif étant d'être préparés de manière optimale le jour des Jeux Olympiques en 2008. A cela s'ajoutaient les coachs et le staff médical (5), les athlètes (11). Le public chinois était également présent en masse».

Montées et descentes

A quoi ressemble le parcours ? Tout tourne autour du gigantesque barrage. «L’épreuve de natation se déroule dans le grand réservoir en haut du barrage. Il y a au bout un grand mur de béton, et en contrebas, un autre lac, plus petit. Les 1,5km de natation se déroulent dans la largeur du grand lac d’une rive à l’autre, sur deux tours. Les spectateurs sont massés dans des gradins situés sur la route du haut du barrage». Particularité : au milieu du parcours, les triathlètes sortent de l’eau sur une petite passerelle, courent quelques pas et replongent pour achever cette première épreuve. Ainsi, les spectateurs pourront se faire une idée claire du classement en cours.

«On rejoint ensuite le parc à vélo et on enchaîne sur une descente sèche, le long de l’ouvrage. En bas, nous effectuons un virage à 90°, toujours le long du barrage, puis on remonte de l’autre côté. Pour ces 40km à vélo, le parcours s’éloigne ensuite du barrage sur des routes vallonnées, sans temps mort. On se retrouve enfin en bas de la première descente, on la remonte, on traverse le parc à vélos… et on refait six fois cette boucle».
Vient la course à pieds. «On laisse les vélos dans le parc, il y a un petit plat, puis on reprend la même descente. En bas, on fait demi-tour, et on retourne en montée vers le parc. Ce circuit est à parcourir quatre fois pour effectuer les 10km. 60% de la course a pieds se déroule sur un revêtement de plaques de tartan bleues».

Bref, que ce soit à vélo ou à pieds, les montées et les descentes se succèdent. «Il faudra être léger, puissant, fort. Léger à pieds parce que ça monte, puissant à vélo à cause des bosses, fort et endurant car il n’y a aucun temps mort. Très complet en somme. C’est très dur en vélo, très dur à pieds. Des coups de bambou sont possibles jusqu’à 100m de la ligne d’arrivée ! Aucun risque d’assister à une arrivée groupée. Ce sera sûrement un très beau spectacle, couteau sous la gorge et cœur dans la bouche. De toutes façons, je préfère quand c’est dur, je n’aime pas les parcours plats»

Une victoire pour l'avenir

La course de Frédéric fut limpide. Sorti en 3e position de l’eau derrière l’Américain Potts et son coéquipier Stéphane Poulat («Le rythmé était élevé mais il n’y a pas eu de cassure visible»), il raconte la suite. «La première bosse à vélo est vite arrivée, nous l’avons vite montée ce qui n’a pas permis aux nageurs un peu trop entamés de rester dans un premier groupe de 15 athlètes qui s’est formé instantanément. Dans le 4ème tour, avec Sudrie et Poulat nous avons tenté une échappée entre Français atteignant jusqu'à 10-15 secondes d’avance très rapidement. Mais nous avons été rejoints dans le 5e tour et nous étions une vingtaine à poser le vélo ensemble avec plus d’une minute sur nos poursuivants.

J’ai eu un peu de mal au début de la course à pieds, tandis que l’Espagnol Xavier Gomez s’échappait. Mais j’ai réussi à tenir une bonne cadence, à rester au contact, et le « paquet » s’est émietté au fil des tours. La bosse faisait mal, la descente aussi, Xavier commençait a coincer, je me suis dit qu'il ne m'avait pas vu, et que lorsque j’allais lui faire un petit coucou en revenant sur lui, il allait reposer la même mine qu’au début. Mais son souffle fort et la grimace sur son visage m’ont redonné confiance, je ne me suis pas arrêté et suis passé devant directement, quitte à le payer ensuite. Il restait un tour et demi, j’ai dû passer en mode "cerveau débranché". Je n’ai revu Gomez qu'à 300m de la ligne après un demi-tour. J'avais apparemment 20 secondes d'avance depuis un moment. Mais la ligne n'était pas franchie. Je l’ai passée fou de joie en ne savourant que dans les derniers mètres. Quelle course !».

Et quel résultat pour le triathlon français, avec Stéphane Poulat sur la 3e marche du podium, derrière Xavier Gomez et Frédéric Belaubre ! Les Bleus savent désormais ce qu’il leur reste à faire au mois d’août 2008.

 

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